Pandémie de coronavirus : pourquoi dans ces pays qui ont "déconfiné trop tôt", "la situation risque de s'aggraver"

Dans presque toute l’Europe, même dans des pays très touchés comme l’Italie, la France… ou la Belgique, la pandémie de coronavirus recule, au point qu’on semble entrevoir sa disparition.

Mais dans le même temps, le virus stagne ou est en pleine expansion dans d’autres parties du monde.

"En Europe, on a eu des chiffres positifs parce qu’on a confiné très vite, et on a commencé le déconfinement très tard, dans la phase descendante de l’épidémie, et c’est ce qui a empêché cette seconde vague ou un rebond, commente Yves Coppieters, professeur en santé publique à l’ULB. Dans les pays où la situation est grave, l’Amérique latine, les Etats-Unis, l’Inde, l’Iran, et même en Afrique du sud, le problème, c’est qu’ils ont lâché leur déconfinement au niveau du sommet du pic de l’épidémie, trop tôt, et donc ils se trouvent dans un plateau de transmission maximale".

C’est manifeste quand on examine ce graphique : le Brésil a stoppé son confinement et l’Afrique du Sud l’a allégé alors qu’ils sont encore en pleine progression de l’épidémie. Au contraire, le fait d’avoir attendu en France, Belgique et Italie a permis d’atténuer fortement la courbe.

Le hic, c’est que la courbe ne risque pas de redescendre d’elle-même : "Pour casser ce haut plateau de transmissions dans ces pays, ça va être très compliqué, juge Yves Coppieters, car ils ont repris leurs activités pour toute une série de raisons économiques, de survie, et bien sûr sociales. Mais donc ça va être très difficile, car s’ils ne reconfinent pas leur population, la situation va bien sûr s’aggraver".

Et dans le cas du Brésil ou de l’Afrique du Sud, il y a une difficulté supplémentaire : "En plus, ces pays rentrent en hiver, qui est une saison où les infections respiratoires sont très fortes".

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