Pakistan: les législatives "crédibles" mais moins bonnes qu'en 2013

Pakistan: les législatives "crédibles" mais moins bonnes qu'en 2013
Pakistan: les législatives "crédibles" mais moins bonnes qu'en 2013 - © AAMIR QURESHI - AFP

Les législatives pakistanaises de mercredi, remportées par l'ex-champion de cricket Imran Khan, ont été "crédibles" mais de moins bonne qualité que celles de 2013, a estimé vendredi le chef de la mission d'observation de l'Union européenne.

"En tant qu'observateurs, ce que nous avons établi après avoir visité plus de 500 bureaux de vote, c'est que les résultats qui ont été annoncés sont crédibles", a déclaré Michael Gahler, chef de la mission.

Les "aspects techniques du processus électoral ont été bien administrés", malgré de "sérieux problèmes informatiques" qui ont retardé l'annonce des résultats, selon l'UE.

Restrictions de la liberté d'expression

Mais le déroulement de la campagne, entachée de nombreuses accusations de manipulations de l'armée pakistanaise en faveur de M. Khan, contrebalance ces avancées.

"Les évolutions positives du cadre juridique sont éclipsées par les restrictions de la liberté d'expression" et "un manque notable d'égalité et d'opportunité aux élections", a affirmé M. Gahler lors d'une conférence de presse à Islamabad.

"Au final, notre évaluation des élections démontre que le processus électoral de 2018 n'est pas aussi bon que celui de 2013", a estimé ce député européen, qui supervisait pour la troisième fois des scrutins au Pakistan.

Dans un premier bilan, la mission de l'UE a notamment pointé "les efforts d'acteurs étatiques et non-étatiques" "évidents" pour "bâillonner" les médias, ce qui a généré une "auto-censure", la couverture électorale n'ayant pas été "impartiale".

Censures et menaces envers les médias

De nombreux interlocuteurs de l'UE ont en outre "reconnu des efforts systématiques pour affaiblir l'ancien parti au pouvoir via des affaires de corruption (...) et des accusations de terrorisme présentées contre ses leaders et ses candidats", a-t-elle dénoncé.

L'ex-Premier ministre Nawaz Sharif, destitué en juillet 2017 pour une affaire controversée de corruption, a été condamné à dix ans de prison et incarcéré moins de deux semaines avant le scrutin. Il crie au complot de l'armée et de la justice contre lui et son parti.

Plusieurs grands médias pakistanais et militants politiques se sont plaints ces derniers mois d'avoir subi enlèvements, censure et menaces pour les forcer à infléchir leur couverture en faveur du PTI au détriment du parti de Nawaz Sharif. Un centre de recherche a assimilé ces pressions à un "putsch silencieux" de l'armée.

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