Pacte vert européen : la Commission veut transformer au moins 30% des terres et des mers d'Europe en zones protégées

Lastres en Asturies (Espagne)
Lastres en Asturies (Espagne) - © Tom Speelman / 500px - Getty Images/500px

La Commission européenne a adopté et présenté mercredi sa "Stratégie sur la biodiversité" et sa stratégie "de la ferme à la fourchette", des éléments du fameux Green Deal, qui doit contribuer à une Europe plus durable à l’avenir. "C’est la première fois dans l’histoire de la politique de l’UE relative à l’alimentation que nous proposons un programme de mesures complet, pour toutes les étapes de la production d’aliments", a indiqué la commissaire à la Santé et la sécurité alimentaire Stella Kyriakides, en introduction de la conférence de presse de l’exécutif européen.

Les stratégies comprennent des dizaines d’actions concrètes "pour transformer notre système alimentaire" et rétablir la biodiversité sur le continent, dans un esprit faisant du durable "une stratégie de croissance", a-t-elle résumé.


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Il est notamment question de réviser la législation européenne encadrant l’usage de pesticides dans l’agriculture, de pousser à une part plus importante du bio dans les surfaces de culture (jusqu’à au moins 25% des terres agricoles) ou encore d’introduire à moyen terme un label harmonisé à l’échelle européenne, relatif à la qualité nutritionnelle des aliments, pour les emballages.

Des citoyens mieux informés […] sont des citoyens plus forts

"Il faut renforcer le droit au choix" du consommateur, a souligné de son côté le vice-président exécutif Frans Timmermans, en charge du Pacte vert européen. "Des citoyens mieux informés (entre autres sur la qualité de leur nourriture, donc) sont des citoyens plus forts, créant une société plus forte".

Au centre de la stratégie sur la biodiversité, on retrouve l’objectif d’améliorer la résilience du continent européen, ce qui devrait aussi l’aider face à d’éventuelles futures pandémies, ont indiqué les commissaires.

La pandémie de coronavirus vue comme un accélérateur du Green Deal plutôt qu’un frein

En effet, plutôt que de rendre l’Union européenne plus frileuse quant à ses ambitions vertes présentées avant la pandémie de coronavirus, cette dernière doit la renforcer dans son action vers davantage de durabilité, pense la Commission. La stratégie pour la biodiversité "constitue un élément central du plan de relance de l’UE, dans la mesure où elle est essentielle pour prévenir l’apparition de futures épidémies et renforcer notre résilience face à de telles maladies, de même que pour offrir des perspectives commerciales et des possibilités d’investissement immédiates afin de relancer l’économie de l’UE", communique-t-elle.


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L’exécutif européen table pour cette stratégie "biodiversité" sur 20 milliards d’euros par an, à dégager de financements européens, et de fonds nationaux et privés.

Protéger la biodoversité

Des objectifs sont fixés pour 2030. Parmi ceux-ci, celui de transformer au moins 30% des terres et des mers d’Europe en zones protégées, en s’appuyant sur les zones Natura 2000 existantes, ou encore celui de planter au moins 3 milliards d’arbres. Il s’agit aussi de pousser les Etats à adopter une fiscalité qui tienne compte des coûts environnementaux réels.

La stratégie "de la ferme à la fourchette" (ou "… à la table") expose également des objectifs à l’horizon 2030, dont une baisse du recours aux engrais d’au moins 20% et une réduction de 50% de l’utilisation des pesticides chimiques. La PAC devrait avoir un rôle central pour inciter les agriculteurs à privilégier les pratiques durables, selon la Commission.

Le Parlement européen et le Conseil (Etats membres) doivent encore approuver ces deux stratégies et leurs engagements.

Sujet JT du 04 mars dernier