Ouïghours : la Chine loue sa politique de "formation" face aux critiques

La Chine a loué jeudi l'efficacité de ses "centres de formation professionnelle".
La Chine a loué jeudi l'efficacité de ses "centres de formation professionnelle". - © OLIVIER DOULIERY - AFP

La Chine a loué jeudi l'efficacité de ses "centres de formation professionnelle" pour assurer la stabilité au Xinjiang (nord-ouest), après des accusations des Etats-Unis les présentant comme des "camps de concentration" destinés à l'internement massif de musulmans.

Longtemps frappée par des attentats sanglants attribués à des membres de l'ethnie des Ouïghours, cette immense région semi-désertique fait l'objet depuis plusieurs années d'une ferme reprise en main sécuritaire au nom de la lutte antiterroriste.

Plus d'un million de personnes ont été internées dans des "camps", selon des organisations de défense des droits de l'Homme. La Chine affirme qu'il s'agit de "centres de formation professionnelle", destinés à aider la population à trouver un emploi et ainsi l'éloigner de l'extrémisme religieux.

Les Etats-Unis, opposés à la politique de Pékin, ont annoncé cette semaine qu'ils allaient bloquer l'importation de certains biens originaires du Xinjiang, accusant les autorités chinoises d'y avoir recours au "travail forcé" dans des "camps de concentration".

Les Ouïghours constituent le principal groupe ethnique de la région. Ils sont pour la plupart musulmans et parlent une langue turcique. 

1,29 million de personnes formées selon Pékin 

Dans son "livre blanc" publié jeudi, la Chine vante sa politique de l'emploi au Xinjiang, qui a selon elle permis de faire reculer le chômage et l'instabilité. Entre 2014 et 2019, la région a formé une moyenne de 1,29 million de personnes chaque année, note le rapport, assurant que le nombre de personnes ayant un travail a progressé de 17,2% en cinq ans.

Les formations comprenaient notamment l'enseignement du chinois et de compétences professionnelles, précise le livre blanc, selon qui des habitants ruraux ont ainsi pu créer leur entreprise ou trouver un emploi dans une usine.

Cette politique a permis "l'amélioration constante du niveau de vie" au Xinjiang et "la pose de bases solides afin d'assurer la stabilité sociale et la sécurité sur le long terme", assure le texte.

H&M parle de travail forcé

Le géant suédois du prêt-à-porter H&M a toutefois annoncé cette semaine qu'il cessait toute relation avec un producteur de fil chinois en raison là encore du "travail forcé". La Chine a dénoncé ces accusations et s'est dite cette semaine "ouverte" à l'accueil d'observateurs au Xinjiang, après une demande en ce sens de l'Union européenne (UE). Elle se dit toutefois opposée à toute enquête "qui se baserait sur une présomption de culpabilité".

Les autorités affirment qu'aucun attentat n'est survenu dans la région depuis plus de trois ans.

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