Ouïghours : l'Union européenne demande à la Chine l'envoi d'observateurs au Xinjiang

Ouïghours : l'Union européenne demande à la Chine l'envoi d'observateurs au Xinjiang
Ouïghours : l'Union européenne demande à la Chine l'envoi d'observateurs au Xinjiang - © Tous droits réservés

L'Union européenne a demandé lundi à la Chine l'envoi d'observateurs indépendants au Xinjiang, a indiqué le président du Conseil européen, Charles Michel, à l'issue d'un sommet UE-Chine par visioconférence, en référence à cette province où Pékin est accusé de persécuter la minorité ouïghoure.

"Nous avons réitéré nos préoccupations sur le traitement par la Chine des minorités au Xinjiang, au Tibet, et sur le traitement des défenseurs des droits humains et des journalistes. (...) Nous avons demandé l'accès au Xinjiang à des observateurs indépendants", a indiqué M. Michel, ajoutant espérer aussi des visites de terrain au Tibet. La situation à Hong Kong a aussi été abordée.

La région du Xinjiang, qui compte environ 25 millions d'habitants, a longtemps été frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes. Elle fait l'objet depuis quelques années d'une ferme reprise en main. Plus d'un million de musulmans, notamment des Ouïghours, sont ou ont été internés dans des camps, affirment des organisations internationales de défense des droits humains. La Chine dément ce chiffre et soutient qu'il s'agit de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi afin de l'éloigner de la tentation de l'extrémisme.


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Le sommet par visioconférence, qui réunissait le président chinois Xi Jinping, M. Michel, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et la chancelière allemande Angela Merkel - dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l'UE -, a une nouvelle fois abordé le projet d'accord d'investissement UE-Chine, en rade depuis plusieurs années.

Peu d'avancées ont été engrangées. Pékin doit faire davantage de concessions sur l'accès des entreprises européennes au marché chinois, ainsi que sur le développement durable, a exhorté Mme Von der Leyen.

"La Chine doit nous convaincre que cela vaut la peine d'avoir un accord d'investissement", selon l'Allemande. Des accords seraient toutefois en bonne voie concernant les règles sur les entreprises d'État, les transferts forcés de technologies et la transparence sur les aides d'État, selon elle.

Les Européens ont aussi insisté pour que Pékin permette à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) de pleinement mener ses enquêtes sur l'origine de la Covid-19.

Le président du Conseil, Charles Michel, a insisté sur la nécessité d'une relation plus équilibrée entre UE et Chine. Il a assuré qu'il tenterait d'organiser un sommet UE-Chine en présence physique à Bruxelles dès que la situation le permettra.

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