Où sont les "cellules dormantes" du groupe terroriste Etat Islamique?

Un des sites en Syrie dont l'Etat Islamique a été délogé.
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Un des sites en Syrie dont l'Etat Islamique a été délogé. - © OMAR HAJ KADOUR - AFP

La mort du chef de l’organisation terroriste Etat islamique Abou Bakr al Baghdadi est un coup dur pour l'organisation djihadiste. L’organisation a, un temps, occupé un vaste territoire en Irak et en Syrie. Aujourd’hui, les Américains ont quitté la Syrie. Et avec la mort d’al Baghdadi, c’est toutes les cartes qui sont redistribuées dans la région. 

Les membres de l’organisation terroriste Etat islamique sont encore présents dans des "poches" de résistance. Il s’agit de régions dans lesquelles ils sont encore actifs et près à se réorganiser. Mais où sont-elles ? Tentative d’explication. 

En Irak: les plus nombreuses 

Les experts les appellent les "cellules dormantes". Il s’agit de cellules de plusieurs dizaines, parfois centaines, de membres de l’organisation terroriste Etat islamique. Soit ils sont assez puissants que pour rester entre eux. Soit ils restent très discrets. "La plupart de ces membres ne s’affichent pas clairement. Les contrôles sont de plus en plus sévères et ils se doivent, dans certaines régions, de rester discret, de peur de se faire remarquer" estime Didier Leroy, chercheur spécialiste du Moyen-Orient à l'ULB et à l'IRSD (Institut royal supérieur de Défense). Ne sachant pas comment va évoluer l’organisation, ils se fondent dans la masse, de peur de se faire remarquer. 

"Ces cellules sont beaucoup plus présentes en Irak qu’en Syrie. D’après mes informations, ces cellules sont beaucoup présentes du côté de Kirkouk." poursuit Didier Leroy. Des cellules dormantes perdurent dans des provinces comme Diyala, Salahouddine, Anbar, Kirkouk et Ninive, où enlèvements et attentats visant à saper l'autorité du gouvernement de Bagdad sont fréquents. 

Des cellules opèrent dans les zones rurales, brûlant les cultures et extorquant les agriculteurs locaux. Les villes ne sont pas épargnées : en février, deux personnes ont été tuées et 24 blessées dans un attentat à la voiture piégée à Mossoul, qui fit un temps office de capitale de l'organisation en Irak.

Le Pentagone a déclaré en janvier que l'EI reprenait des forces plus vite en Irak qu'en Syrie. Les analystes ont estimé en début d'année à environ 2.000 le nombre de combattants actifs en Irak.

Syrie, Nigeria ou encore Afghanistan 

Moins de combattants en Syrie. Pourtant, ils visaient souvent les forces américaines. Les forces kurdes syriennes, qui ont défait les djihadistes dans le nord et l'est du pays avec l'aide de la coalition dirigée par les États-Unis, ont évoqué la présence de cellules dormantes. Ils ont aussi mis en garde contre le risque représenté par les milliers de militants emprisonnés, originaires du monde entier.

Impossible de comptabiliser les combattants. "C’est vraiment très compliquer de le faire. Il y a ceux qui s’affichent clairement mais beaucoup font profil bas. Et puis, il faut différencier les membres actifs, les logisticiens, les femmes et les enfants, aussi." poursuit Didier Leroy. Le groupe nigérian Boko Haram a mené des attaques dans le nord-est du Nigeria depuis 2009. Il a tué plus de 30.000 personnes et contraint deux millions d'autres à fuir leurs foyers. Le groupe s’est scindé en 2016 et une faction, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest, a prêté allégeance à l'EI. 

L'État islamique au Khorassan, qui tire son nom d'une région historique couvrant une grande partie de l'Afghanistan moderne et certaines parties de l'Asie centrale, est apparu fin 2014 dans la province orientale de Nangarhar. Il a annoncé sa création en janvier 2015. Les dirigeants du groupe ont prêté allégeance à Baghdadi, mais il n'est pas certain que la branche locale ait des liens opérationnels directs avec l'organisation irako-syrienne.

Le groupe Khorassan a revendiqué des attaques contre des civils dans la capitale Kaboul et combattu les talibans afghans pour le contrôle de plusieurs districts ruraux. Les commandants américains disent qu'il compte moins de 2 000 combattants. Les contours et l'influence réelle du mouvement sont encore flous et de nombreux responsables afghans à Kaboul doutent de la véracité de certaines de ses revendications.

Les Philippines comme nouvelle terre ?

Les Philippines craignent que les extrémistes fuyant l'Irak et la Syrie ne trouvent refuge dans la jungle et les villages reculés des régions musulmanes de l'île de Mindanao, où règnent anarchie et rivalités entre clans. Plusieurs groupes armés du sud des Philippines ont prêté allégeance à l'EI. Le groupe a souvent revendiqué des attentats à la bombe et des affrontements entre rebelles et forces gouvernementales à Mindanao, mais l'authenticité de ces revendications est souvent contestée. 

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