Otan: un porte-avion américain en mer de Norvège pour la 1ère fois depuis 1987

Le porte-avions américain USS Harry S Truman, en escale à Marseille en juin 2018.
Le porte-avions américain USS Harry S Truman, en escale à Marseille en juin 2018. - © Vallauri Nicolas / Maxppp

Un porte-avions américain, le USS Harry Truman, et son groupe d'escorte - soit une petite demi-douzaine de navires et quelque 6.000 marins et aviateurs - participeront fin octobre et début novembre au plus grand exercice organisé par l'Otan depuis la fin de la Guerre froide, qui rassemblera plus de 50.000 hommes des 29 pays alliés en Norvège et dans les environs.

"Sa présence démontre le fort engagement des Etats-Unis en faveur de la relation transatlantique", a affirmé le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, lors d'une visite vendredi à bord de ce mastodonte de 365 mètres de long emportant quelque 70 avions et hélicoptères de différents types.

Le dernier déploiement d'un porte-avions américain dans cette région de l'Atlantique nord remonte à 1987 - avant la chute du mur de Berlin et la dislocation de l'URSS -, a rappelé Jens Stoltenberg lors d'un point de presse à bord en compagnie du commandant suprême des forces alliées en Europe (Saceur), le général américain Curtis Scaparrotti.

Le Truman, alias CVN-75, un bâtiment à propulsion nucléaire, naviguait vendredi en mer du Nord après avoir fait escale durant le week-end en Grande-Bretagne. Il doit rejoindre dans les prochains jours la mer de Norvège, où débutera le 25 octobre l'exercice "Trident Juncture".

"Trident Juncture 2018" (TRJE18), une manoeuvre terrestre et amphibie, est basé sur un scénario "article 5" - le principe de défense collective de ses membres sur lequel repose le traité de l'Atlantique nord.

Il se déroule jusqu'au 7 novembre à un millier de kilomètres de la frontière que la Norvège partage avec la Russie, un pays avec lequel les relations se sont fortement dégradées depuis l'annexion de la Crimée par Moscou en 2014.

Plus de 50.000 militaires des 29 pays membres de l'Otan ainsi que provenant de Finlande et de Suède, deux partenaires très proches de l'Alliance, y participeront, tout comme 10.000 véhicules, 150 avions et 60 navires de guerre.

"C'est le plus important exercice de l'Otan depuis des années. Il est destiné à tester la réponse collective à une attaque armée contre l'un de ses membres", a souligné Jens Stoltenberg, en rappelant le caractère défensif de l'Alliance atlantique face à un "environnement de sécurité plus difficile" qu'il a y quelques années.

"Nous devons disposer de l'entraînement (adéquat) et de nous entraîner ensemble dans quatre domaines: en mer, dans l'air, sur terre et dans le cyber-espace", a-t-il ajouté.

Prêts à protéger nos alliés contre n'importe quelle menace

Selon Jens Stoltenberg, "Trident Juncture" enverra à tout agresseur potentiel un "signal clair de la solidarité des alliés". "Que nous sommes prêts à protéger nos alliés contre n'importe quelle menace", a assuré l'ex-Premier ministre norvégien.

Il a insisté sur le rôle joué par l'océan Atlantique pour les alliés. "Ce n'est pas une barrière entre l'Europe et l'Amérique du nord, c'est un pont entre les deux continents. Nous devons protéger ce lien vital", a-t-il dit. Il a rappelé que les chefs d'Etat et de gouvernement des 29 pays alliés ont, lors de leur dernier sommet, en juillet dernier à Bruxelles, décidé de (ré)activer à Norfolk (côte est des Etats-Unis) un quartier général chargé de l'Atlantique, une zone où les activités militaires russes ont connu une recrudescence - tout comme en Méditerranée, le "flanc sud" de l'Otan.

La participation de l'USS Truman et de son escorte, le "Carrier Strike Group Eight" (CSG 8), à l'exercice de l'Otan a été décidé récemment, a pour sa part admis le général Scaparrotti.

Cette importante addition à "Trident Juncture" intervient alors que l'administration du président Donald Trump semble hésitante quant à l'attitude à tenir face à l'Otan et aux alliés, qu'ils soient européens ou canadien.

Donald Trump, qui avait durant sa campagne électorale affirmé que l'Otan était "obsolète", a, après son entrée en fonction en janvier 2017, mis du temps pour rassurer les alliés sur l'engagement américain à respecter l'article 5 - qui stipule qu'une attaque contre un pays membre doit être considéré comme une attaque contre tous.

Mais son secrétaire d'Etat, Mike Pompeo, et le secrétaire à la Défense, James Mattis, ont respectivement réaffirmé le rôle de leader joué par les Etats-Unis au sein de l'Otan et l'"engagement inébranlable" de Washington vis-à-vis de l'Alliance.

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