Otan: les Européens et le Canada mettent 100 milliards de dollars de plus pour la défense

Le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg.
Le secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg. - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Les pays européens membres de l'Otan et le Canada accroîtront leurs dépenses de défense de 100 milliards de dollars d'ici 2020 par rapport à 2016, après une hausse de 41 milliards déjà enregistrée, a annoncé mardi le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

"La tendance est à la hausse" dans trois domaines, a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse au siège bruxellois de l'Otan à la veille d'une réunion des ministres de la Défense des 29 pays alliés. Ils seront rejoints pour la première fois mercredi et jeudi par leur homologue de Macédoine du Nord, appelée à devenir le 30ème membre de l'Alliance, sans doute d'ici l'an prochain.

"Depuis 2016, les alliés européens et le Canada ont dépensé 41 milliards de dollars de plus pour leur défense. Et, en se fondant sur les derniers rapports, cela augmentera à 100 milliards de dollars d'ici l'an prochain", a affirmé M. Stoltenberg, sans fournir d'autres détails sur la répartition de cet effort supplémentaire entre les alliés.

A ce jour, seuls quatre d'entre eux - le Royaume-Uni, qui accueillera en décembre le prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement alliés, la Grèce, la Lettonie et les Etats-Unis - consacrent plus de 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) aux dépenses de défense, selon les derniers chiffres de l'Otan.

Les pays membres s'étaient engagés, lors d'un précédent sommet au Royaume-Uni - et plus précisément au Pays de Galles - en septembre 2014, à atteindre les 2% dans les dix ans, soit d'ici 2024, au nom du "partage équitable du fardeau" réclamé par Washington depuis des décennies et qui est devenu une question brûlante sous l'impulsion du président américain Donald Trump.

Trois "C"

Mais l'Otan met aussi l'accent sur deux autres C (outre le "cash"): les "capacités" militaires et les "contributions" aux opérations menées par l'Alliance, comme en Afghanistan et au Kosovo, mais aussi en mer Egée.

"Les alliés investissent aussi davantage dans des capacités modernes et contribuent avec davantage de forces aux missions et opérations" de l'Otan, s'est félicité M. Stoltenberg, tout en soulignant que "du travail restait à faire".

Le secrétaire général s'est dit "encouragé" par les progrès "significatifs" déjà accomplis.

Selon lui, tous les pays ont désormais rentré leur "Strategic Level Report" (SLR), leur feuille de route pour expliquer comment ils comptent atteindre les 2% du PIB et d'autres engagements importants contractés en 2014.

La Belgique l'a fait la semaine dernière, avec un document un rien plus ambitieux que celui remis en décembre et adressé à l'Otan juste avant l'expiration du délai par le Premier ministre Charles Michel, selon des sources concordantes.

"Nous passerons en revue les progrès dans les trois dimensions" de ces engagements: le cash (les budgets militaires), les capacités et les contributions aux opérations, a dit M. Stoltenberg.

En Afghanistan, où l'Otan dirige la mission "Resolute Support" d'assistance et de formation des forces de sécurité afghanes après avoir combattu l'insurrection talibane pendant une douzaine d'années, la situation "reste difficile", a-t-il admis, en soulignant toutefois que des efforts étaient en cours afin d'instaurer la paix à ce pays en proie à des décennies de conflits.

Le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, a ainsi mené lundi une visite surprise en Afghanistan pour évaluer la situation avant une nouvelle série de négociations entre Washington et les talibans.

"Nous continuerons à nous consulter sur les implications d'un possible accord de paix" et pour voir "comment l'Otan pourrait le soutenir", a dit M. Stoltenberg. Il a rappelé que la forme future de l'engagement allié en Afghanistan serait basées "sur des conditions que nous déterminerons avec les Afghans".

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