Ostalgie: ces objets qui vous ramènent dans la RDA d'avant 1989

Un timbre de l'Allemagne de l'Est datant probablement de 1949, aux effigies de l'ancien leader soviétique Joseph Staline et du premier Président de la RDA, Wilhelm Pieck
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Un timbre de l'Allemagne de l'Est datant probablement de 1949, aux effigies de l'ancien leader soviétique Joseph Staline et du premier Président de la RDA, Wilhelm Pieck - © BELGAIMAGE

Il y a 25 ans, le Mur de Berlin s'écroulait, réunifiant un pays dont les habitants de l'Est, en RDA (République démocrate allemande), vivaient loin de la réalité de ceux de l'Ouest, en RFA (République fédérale d'Allemagne). Un monde économique et culturel les séparait. Aujourd'hui, si les souvenirs du Mur sont trop pénibles pour les uns, des objets resurgis du passé plongent certains "Ossis" dans l'"ostalgie", la "nostalgie de l'Est".

Certains ont enfermé à jamais ces images au plus profond de leur mémoire, pour ne pas agiter des souvenirs trop douloureux.

Dès 1949 et la création de la République démocrate allemande, c'est un monde qui oppose les deux parties d'une Allemagne coupée en deux dont Berlin sera la copie miniature, traversée par un Mur censé stoppé l'exode des habitants de l'Est vers la RFA.

Le niveau de vie, le mode de consommation, le logement, le travail... tout est différent à l'Est. Et si la vie y est difficile, loin du rapide développement économique que connaissent les Wessis - les habitants de l'Ouest - certains y ont planté des souvenirs qui leur sont encore chers. De leur premier jouet à leur première voiture, des vêtements de l'époque aux timbres et vieilles images sur les conserves, des objets tout droit ramenés ou inspirés de la RDA ramènent aujourd'hui les Ossis des années en arrière. Ils les replongent dans une certaine nostalgie, qu'ils ont nommé "ostalgie", la "nostalgie de l'Est (Ost)".

Les Ampelmännchen, petits bonshommes verts ou rouges utilisés pour les feux de signalisation, font toujours la circulation dans certaines rues de l'Allemagne de l'Est (à l'Ouest de Berlin aussi). Ils devaient être supprimés, mais ce projet a rencontré une large opposition de ceux qui craignaient de voir disparaître l'une des dernières traces de leur identité.

Face aux conditions de vie difficile des Ossis à l'époque, cette ostalgie peut paraître contradictoire. Les deux phrases, ci-dessous, apportent un certain éclairage.

"J'ai été frappé par l'ostalgie en rangeant mes affaires. Pas entièrement, mais de beaux souvenirs ont refait surface, brièvement", explique cet internaute sur twitter.

Des photos qui ravivent un souvenir moins heureux

Outre les objets, les photos contribuent aussi, bien entendu, à raviver les souvenirs de cette Allemagne divisée. Celle de la Porte de Brandebourg, ci-dessous, n'inspire par contre probablement pas beaucoup d'ostalgie chez les Ossis: aujourd'hui symbole de la capitale allemande, elle fut celui de sa division pendant la guerre froide en tant que partie intégrante du Mur de Berlin. Un mur au pied duquel de nombreux d'entre eux ont perdu la vie, fusillés par les soldats qui les empêchaient de fuir en RFA.

Celle du passeport d'Erich Mielke ne ravive certainement pas non plus de bons souvenirs de la RDA. Chef de la Stasi, la police qui y faisait "régner l'ordre", il était l'un des hommes les plus craints en Allemagne de l'Est.

Compte tenu de son ambivalence, cette ostalgie a aussi fait l'objet de vives critiques de la part de ceux qui, comme l'organisation de jeunesse Junge Union, craignaient que soient minimisés les crimes perpétrés en RDA.

Mais ostalgie ou non, l'heure est donc aujourd'hui aux commémorations. De vendredi à dimanche (7 au 9 novembre), 8000 ballons illuminés reconstitueront dans la capitale allemande le tracé du Mur de Berlin, à l'occasion des festivités marquant le 25e anniversaire de sa chute.

G. Renier

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