OSS 117 revient pour un troisième opus… au Kenya

"Attention tout le monde… ça tourne… et action !" Nous sommes au cœur de Nairobi, la capitale du Kenya. Une scène se tourne au pied du Parlement, un bâtiment construit peu après l’indépendance du pays. Arrivée en fanfare de Hubert Bonisseur de la Bath dans une voiture décapotable d’époque. Costume cravate, sourire étincelant et cheveux gominés. Nom de code : OSS 117. L’agent secret le plus idiot du cinéma français salue alors une foule qui l’acclame en agitant des drapeaux français. Les figurants ont revêtu des habits traditionnels de l’Afrique de l’Ouest pour les besoins du tournage. C’est une plongée dans l’Afrique des années 1980. Mais vous n’en saurez pas plus. L’équipe du film tient à garder secrets les mystères et nouveautés de ce 3e numéro de OSS 117.

Jean Dujardin rempile pour la 3e fois dans le costume de l’agent secret déjanté

Il aura donc fallu attendre plus de 10 ans pour retrouver Hubert Bonisseur de la Bath sur grand écran. 'OSS 117 : Rio ne répond plus' était sorti en 2009. Mais pour Jean Dujardin, qui rempile pour une 3e fois dans la peau de ce personnage haut en couleur, l’agent secret n’a pas pris une ride. "Déjà dans le 2e OSS, l’époque avait évidemment changé et pas lui et là, ça se confirme. Décidément il ne changera pas. Et je pense qu’on a envie qu’il ne change pas d’ailleurs. C’est un colon français, sûr de lui, qui ne fait qu’enfiler les clichés et on s’en amuse".

Aucune révélation quant au scénario hormis le fait qu’il devra composer avec un nouvel agent secret, plus jeune, incarné par Pierre Niney. De quoi redonner du souffle au film, comme l’explique Jean Dujardin : "Cette fois-ci, le vernis craque. Le fait de le mettre au contact de Pierre Niney qui est d’une autre génération d’agent secret lui permet de prendre un petit coup de bourre et de nous amuser avec ses tourments. Il y a d’ailleurs plus de psychologie dans ce 3e volet que dans les précédents."

Un film très à charge sur la Françafrique et le néocolonialisme

A la réalisation, Nicolas Bedos succède à Michel Hazanavicius, réalisateur des deux OSS précédents. Cette fois-ci, il s’agit de railler la Françafrique et le néocolonialisme. Des thématiques chères à Nicolas Bedos : "C’est un film très à charge. Et il est très intéressant pour moi parce que je suis fils de pied-noir. L’antiracisme, le racisme… ce sont des réflexions dans lesquelles j’ai baigné. Mon père a été extrêmement traumatisé par le racisme des colons parmi lesquels il a vécu quand il était enfant et adolescent. Le film parle de tout ça : du paternalisme des Blancs dans la Françafrique des années 80."

Une réalisation qu’il promet sans tabou : "On part de l’idée qu’il ne faut pas se faire museler par une espèce de consensus actuel, d’indignation perpétuelle sur tout. Moi je crois que parfois, exprimer les monstruosités, c’est mieux que ce soit l’art qui s’en charge plutôt que les individus. Il faut filmer des cons, filmer des connards, filmer des porcs, filmer des gens méchants. C’est le travail aussi de la comédie, c’est le travail de l’humour de s’emparer de ces sujets-là parce que sinon on va se faire chier."


►►► À lire aussi: RDC: un documentaire rend hommage aux derniers combattants de l'armée coloniale


Une réflexion que le réalisateur confie avec menée avec Jean Dujardin. Et ce dernier de renchérir : "C’est assez cathartique pour moi et pour tout le monde de balancer des saloperies, d’en rire et de ne pas forcément expliquer le rire. Ce qui est un peu pénible en ce moment. La comédie ne s’explique pas. Elle doit être traitée avec goût pour pouvoir faire rire le plus grand nombre mais c’est difficile de faire l’unanimité."

Les images du film promettent d’être spectaculaires, tournées au nord du Kenya dans la région de Samburu, décor de safari au cœur de la savane, mais aussi à Mombasa au bord de l’Océan indien et à Nairobi, la capitale. Il faudra attendre février 2021 pour retrouver 'OSS 117 en Afrique noire'.

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK