Sommet de l'ONU sur le climat: 66 Etats adhèrent à l'objectif de neutralité carbone en 2050

Une soixantaine de dirigeants mondiaux se retrouvent lundi à l’ONU pour un sommet sur "l’urgence climatique" censé revigorer le chancelant accord de Paris, alors que jamais l’humanité n’a rejeté dans l’atmosphère autant de gaz à effet de serre. Ce sommet précède et donne le ton à l’Assemblée générale des Nations unies, l’un des six organes principaux de l’ONU ayant un rôle consultatif pour les questions touchant au maintien de la paix et à la sécurité internationale.

La problématique du réchauffement climatique devrait être présente dans pas mal de discours cette semaine. Pour la première fois, un sommet de l’action pour le climat est organisé. Cela fait en effet des mois que les jeunes du monde entier mettent la pression sur les grands de ce monde.

Parmi ces jeunes, la jeune Suédoise Greta Thunberg a réprimandé les dirigeants de la planète pour leur inaction contre le changement climatique. 

"Je ne devrais pas être là, je devrais être à l'école, de l'autre côté de l'océan", a-t-elle lancé, la voix tremblante, lisant un texte préparé. "Comment osez-vous? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses", a-t-elle poursuivi, ajoutant ensuite: "Mais les jeunes commencent à comprendre votre trahison."
 

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, disait espérer que des dizaines de leaders annoncent une révision à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

C’est chose faite : peu avant l’ouverture du sommet, 66 Etats ont déjà décidé d’adhérer à l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. Ces 66 pays se joignent à 10 régions, 102 villes et 93 entreprises pour parvenir à un bilan de zéro émission de gaz à effet de serre d’ici le milieu du siècle, un objectif fixé par les scientifiques pour contenir le réchauffement de la Terre dans les limites stipulées par l’accord de Paris de 2015, c’est-à-dire au pire +2 °C par rapport à la fin du XIXe siècle (la Terre en est à environ +1 °C).

68 pays se sont engagés à revoir officiellement à la hausse leurs plans climat d’ici 2020, date à laquelle les 195 signataires de l’accord de Paris sont censés déposer de nouveaux engagements.

Et 30 pays adhèrent désormais à une alliance promettant de stopper la construction de centrales au charbon à partir de 2020.

Moins de la moitié des 136 chefs d’Etats et de gouvernements qui viennent cette semaine à New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU ont demandé à y participer. D’ailleurs, le climato-sceptiques Jair Bolsonaro, président du Brésil, brille par son absence.

Donald Trump, président des Etats-Unis, a fait une brève apparition surprise alors qu'il n'avait pas prévu d'y participer. Il ne s'est pas exprimé à la tribune, mais il s'est assis pendant quelques minutes dans l'enceinte où il a écouté, puis applaudi, le discours du Premier ministre indien Narendra Modi, un autre ardent défenseur du nationalisme. Un soutien très certainement lié au fait qu'il tente de séduire la diaspora indienne des Etats-Unis. Le président américain avait comparé dimanche la vague d’immigration à la frontière mexicaine aux tensions entre l’Inde et le Pakistan sur la région contestée du Cachemire.  

La France et l’Allemagne, qui vient d’ailleurs d’annoncer un investissement de 100 milliards d’euros pour le climat, devraient jouer les bons élèves de la classe. C’est aussi le cas de la Chine, qui continue à investir massivement dans les énergies renouvelables.

La Russie a, quant à elle, signé une résolution gouvernementale consacrant son adhésion définitive à l'accord de l'Accord de Paris sur le climat, signé par 195 pays, peu avant l'ouverture du sommet.

La Belgique, en affaires courantes, n’a pas grand-chose à annoncer si ce n’est qu’elle pourrait s’inscrire dans les objectifs climatiques de la Commission européenne fixés à 55% de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2030 et à la neutralité carbone d’ici 2050.

Enjeux de la 74e session de l’Assemblée générale

Le réchauffement climatique sera l’un des thèmes les plus abordés cette année. Mais d’autres enjeux ne seront pas oubliés.

Donald Trump rencontrera-t-il Hassan Rohani, le président iranien ? Rien n’est impossible avec l’imprévisible président des Etats-Unis. Le président français Emmanuel Macron espère encore quant à lui que "quelque chose se passe" sur le dossier iranien lors de l’Assemblée générale de l’ONU, même si les attaques contre l’Arabie Saoudite ont "changé la donne", a-t-il confié à quelques journalistes en route pour New York. "Avec les Iraniens, on est dans l’échange, stratégique et transactionnel. C’est radicalement différent avec les Etats-Unis. Trump, s’il est convaincu, est capable de changer très vite les choses. Il décide vite, et seul. Le président Rohani est quelqu’un qui a besoin de caler tout un système avant de négocier."

La situation du nucléaire nord-coréen sera également abordée, tout comme les pourparlers de paix en Afghanistan, la situation à Hong Kong, en Lybie ou encore celle du Brexit.

La Belgique sera un peu plus en vue que ces dernières années. Et pour cause : depuis le 1er janvier, notre pays siège au Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent. Charles Michel, Premier ministre en affaires courantes belge, est très sollicité par ses homologues. Une dizaine de rencontres bilatérales sont prévues avec d’autres dirigeants. En plus des chefs d’État et de gouvernement de l’Egypte, de la Turquie et du Japon, Charles Michel rencontrera son homologue britannique, Boris Johnson, vers 17 heures pour discuter du Brexit.

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