ONU: brièvement détenu en Crimée, l'envoyé spécial met fin à sa mission

ONU: brièvement détenu en Crimée, l'envoyé spécial met fin à sa mission
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L'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, a décidé de mettre fin à sa mission dans la péninsule ukrainienne russophone après avoir été retenu brièvement mercredi par des hommes armés à Simféropol, selon son entourage.

L'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, a décidé de mettre fin à sa mission dans la péninsule ukrainienne russophone après avoir été retenu brièvement mercredi par des hommes armés à Simféropol, selon son entourage.

"Il va bien. (...) Nous attendons une escorte pour nous rendre à l'aéroport. Il veut prendre un avion pour Kiev", a indiqué cette source, accompagnant le diplomate, arrivé mardi à Simféropol.

L'équipe de la chaîne britannique ITV a filmé la réaction de Robert Serry (voir la vidéo ici) et l'un des journalistes a décrit les événements en direct via twitter.

Selon le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson, M. Serry se trouvait "devant le siège des forces navales" à Simferopol lorsqu'il a été menacé par des hommes armés.

Il a été pris à partie par des "hommes non identifiés" et armés qui lui ont intimé l'ordre de se rendre à l'aéroport et de "quitter la Crimée", a précisé M. Eliasson, qui s'exprimait par vidéo-conférence depuis Kiev, où il se trouve en mission lui aussi.

M. Serry a tenté de reprendre sa voiture mais celle-ci étant bloquée, il a dû repartir à pied vers son hôtel et il a téléphoné en chemin depuis un café pour raconter sa mésaventure.

M. Serry, qui était accompagné d'un collègue de l'ONU, "n'a pas été kidnappé", a souligné M. Eliasson. "Il est en bonne santé physiquement mais il se sent menacé".

M. Eliasson a dit ne pas savoir quelle langue les hommes armés qui ont menacé M. Serry parlaient. Il a précisé que l'ONU avait laissé le soin aux "autorités ukrainiennes" d'assurer la sécurité de M. Serry.

La source dans l'entourage de M. Serry jointe par téléphone par l'AFP a expliqué que sa sécurité avait été "garantie par les forces d'autodéfense de Simféropol". "Il espère pouvoir quitter la Crimée", a-t-elle indiqué.

A l'aéroport, une assistante du diplomate a indiqué à l'AFP qu'il se trouvait en salle d'attente en vue d'un embarquement.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait annoncé que M. Serry avait été retenu par des hommes armés en uniforme à Simféropol.

"Son véhicule a été bloqué à Simféropol par des inconnus armés", avait déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère, Evguen Perebyinis. "Ils ont d'abord essayé de l'emmener par la force à l'aéroport mais il a refusé", a-t-il ajouté.

Un journaliste de la chaîne de télévision britannique ITV, James Mates, qui accompagnait M. Serry, a expliqué sur son compte Twitter que M. Serry avait été bloqué par des hommes armés alors qu'il visitait les locaux de la Marine.

Refusant de les suivre, il est sorti à pied sous leur escorte et est rentré dans un café voisin. Puis M. Serry "a accepté de se rendre directement à l'aéroport et de mettre fin à sa mission en Crimée", a rapporté le journaliste. A sa sortie du café, "la foule chante +Russie, Russie+", selon le journaliste.

A Kiev, mercredi après-midi, M. Eliasson avait annoncé une autre mission de l'ONU à partir du week-end prochain en Crimée, menée cette fois par le secrétaire général-adjoint de l'ONU aux Droits de l'homme, Ivan Simonovic.

Il avait lors d'une conférence de presse mis en garde contre la tentation de revenir aux réflexes de la Guerre froide, et appelé Russes et Ukrainiens au dialogue pour trouver une issue pacifique à la crise.

Ju. Vl. avec Belga et AFP

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