Les inégalités sociales remontent à l'âge du Bronze, c'est la science qui le dit

On a rien inventé, les inégalités sociales remontent à l'âge du Bronze
On a rien inventé, les inégalités sociales remontent à l'âge du Bronze - © Tous droits réservés

De récentes analyses menées dans un cimetière préhistorique, en Allemagne, mettent en évidence la présence conjuguée de tombes truffées de biens luxueux, et d'autres dépourvues de tout artifice. Preuve qu'il y a 4000 ans, déjà, richesse et pauvreté cohabitaient, à la vie comme à la mort.

Leur travail dans un cimetière préhistorique de la vallée de la Lech, en Bavière, éclaire d'un jour nouveau le caractère historique des inégalités sociales. Une équipe de chercheurs a analysé scrupuleusement des tombes qui remontent à 4000 ans, et toutes n'avaient pas le même apparat. Dans cette vallée parsemée d'hameaux agricoles, pas moins de cent tombes ont été passées au crible et les résultats présentés dans la revue Science sont édifiants.

D'un côté se trouvaient des sépultures dotés d'ornements à la surface et remplies, à l'intérieur, d'armes et d'objets de valeur. Ces tombes au luxe apparent appartenaient le plus souvent à une même famille. Le père, la mère et les enfants enterrés les uns à côté des autres dans une sorte de "carré VIP" préhistorique.

L'esclavage n'a pas d'âge 

D'un autre côté, on trouvait d'autres défunts qui eux, au contraire, étaient enterrés dans le plus strict dénuement. Des individus, de même provenance géographique, mais dépourvus de lien génétique avec la principale lignée familiale. "Nous pensons que ces individus étaient des serviteurs ou même des esclaves" rapporte Alissa Mittnik, généticienne au sein de la Harvard Medical School et coauteure de l'étude. "Cela nous donne un premier aperçu de l'organisation d'un foyer complexe de la préhistoire. On y découvre un type d'inégalité social qui n'était pas visible jusque-là" ajoute-t-elle dans les colonnes du National Geographic.

Les chercheurs imaginent que la structure sociale au sein de ces foyers pourrait se rapprocher de celle observée 1 500 ans plus tard aux époques de la Grèce antique et de l'Empire romain au cours desquelles il était fréquent d'avoir des esclaves ou des domestiques. Une pratique ancienne donc, et qui a encore cours de nos jours, à en croire une étude publiée en 2016 par l'Organisation internationale pour les migrations. Preuve que rien ne s'invente, tout se copie, même les choses qu'on aimerait voir disparaître pour de bon.

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