Offensive turque en Syrie: réunion d'urgence jeudi du Conseil de sécurité de l'ONU

Offensive de la Turquie en Syrie: l'Union européenne exige l'arrêt de l'opération
Offensive de la Turquie en Syrie: l'Union européenne exige l'arrêt de l'opération - © BULENT KILIC - AFP

Une réunion en urgence et à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU interviendra dans la foulée de consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la Colombie. 

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé mercredi l'arrêt de l'offensive lancée par la Turquie dans le nord de la Syrie et a averti qu'aucun financement européen ne serait accordé "pour une zone de sécurité".

"La Turquie doit cesser l'opération militaire en cours. Elle ne donnera pas de résultat. Et si le plan de la Turquie est la création d'une zone de sécurité, n'attendez pas de financement de l'Union européenne", a-t-il affirmé devant le Parlement européen réuni à Bruxelles.

La Belgique condamne les opérations en cours dans le nord-est de la Syrie, a indiqué mercredi le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, en commission de la Chambre. Plus tôt dans la journée, elle avait appelé à la retenue et demandé qu'il n'y ait pas d'invasion.

La Belgique a demandé avec la France et l'Allemagne l'inscription de ces événements à l'ordre du jour de la réunion du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

"L'urgence, maintenant, c'est le Conseil de Sécurité. C'est là qu'il est possible d'avoir une véritable réaction car c'est là que les problèmes de sécurité se règlent", a-t-il dit.

Le gouvernement allemand a "condamné avec la plus grande fermeté" l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie, qui "risque de déstabiliser davantage la région et de provoquer une résurgence" du groupe Etat islamique.

"Nous exhortons la Turquie à mettre fin à son offensive et à défendre ses intérêts sécuritaires de manière pacifique", a ajouté dans un communiqué le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

La France a quant à elle décidé de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies au sujet de l'intervention militaire de la Turquie en Syrie, que Paris condamne "très fermement", a déclaré mercredi la secrétaire d'Etat aux affaires européennes.

"La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni sont en train de finaliser une déclaration commune qui sera extrêmement claire sur le fait que nous condamnons très fortement et très fermement" l'intervention turque, a dit Amélie de Montchalin devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

"Nous saisissons le Conseil de sécurité des Nations unies et cherchons la plus grande coalition pour apporter le sujet le plus rapidement en discussion", a-t-elle ajouté.

Quant aux Pays-Bas,  le ministre des affaires étrangères a annoncé convoquer l'ambassadeur turc. 

L'UE, mais aussi l'OTAN 

"L'offensive militaire de la Turquie dans le nord de la Syrie devrait être "proportionnée et mesurée", a estimé mercredi après-midi le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg.

"Il est important d'éviter des actions susceptibles de déstabiliser davantage encore la région, d'aggraver les tensions et de causer davantage de souffrances humaines", a-t-il dit en marge d'une visite officielle à Rome.   "Je compte sur la Turquie pour faire preuve de retenue et je suis certain que tout les mesures qu'elle pourrait prendre dans le nord de la Syrie sont proportionnées et mesurées", a-t-il ajouté. Jens Stoltenberg discutera de cette crise avec le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une visite prévue vendredi à Istanbul.
 

Turquie: forces de sécurité turques près de la frontière syrienne (Akçakale), ce 09 octobre:

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK