Océan indien: une otage française libérée, le sort de son mari inconnu

Un militaire français lors d'une mission de surveillance dans le Golfe d'Aden en 2009
Un militaire français lors d'une mission de surveillance dans le Golfe d'Aden en 2009 - © Stephane de Sakutin

Une Française, disparue jeudi d'un voilier au large du Yémen, a été libérée samedi et récupérée saine et sauve lors d'une opération militaire européenne contre de présumés pirates, mais le sort de son mari reste inconnu.

Le Galicia, un navire espagnol de la force Atalante, chargée de la sécurisation du trafic maritime dans l'Océan indien, a intercepté une petite embarcation soupçonnée d'être impliquée dans la disparition de l'équipage du voilier français, le Tribal Kat, a annoncé un communiqué d'Atalante.

"L'un des membres d'équipage a été libéré sain et sauf et tous les suspects criminels ont été arrêtés. Le sort du deuxième membre d'équipage reste inconnu", indique le communiqué.

Un porte-parole du commandement d'Atalante, basé à Londres, a précisé à l'AFP que l'otage libéré était Evelyne Colombo, originaire d'Ollioules (Var), partie avec son mari Christian faire un tour du monde à bord d'un catamaran.

"Elle est saine et sauve. Elle était la seule otage à bord de l'embarcation" arraisonnée, a déclaré à l'AFP le capitaine Paul Gelly. "Son mari n'était pas à bord", a-t-il ajouté.

Lors de l'interception, l'embarcation des pirates présumés a coulé mais tous ses occupants ont été récupérés sains et saufs à bord du Galicia, a précisé Atalante. Selon le ministère espagnol de la Défense, sept pirates présumés ont été arrêtés lors de l'intervention qui a donné lieu à des échanges de tirs.

Le Quai d'Orsay avait révélé vendredi que l'équipage d'un catamaran français était porté disparu depuis jeudi au large du Yémen et que ce voilier avait été retrouvé vide par un navire allemand participant à Atalante.

"Notre priorité a été la recherche de toute embarcation qui serait partie de la zone vers les côtes somaliennes", a expliqué le capitaine Gelly. C'est la frégate française "Surcouf (qui) a détecté l'embarcation" suspecte, a-t-il précisé. "La coordination était parfaite", s'est-il félicité.

Selon des sources concordantes, des traces de sang et d'impact de balles auraient été retrouvés dans le Tribal Kat, remorqué vers Djibouti à des fins d'enquête par les services secrets français (DGSE).

Son équipage "savait qu'il prenait des risques et tout le monde leur déconseillait d'y aller", a dit samedi à l'AFP une relation du couple.

Ex-membre de la Marine française, Christian Colombo "voulait partir découvrir le monde", a déclaré un de ses amis, Gérard Navarin. "Le dernier contact que j'ai eu avec Christian c'était il y a un mois, aux environs du 10 août. Il était au sud de l'Egypte et se dirigeait vers la Malaisie", a-t-il précisé.

Parents de deux filles, Aurélie vivant dans la région varoise, et Emilie habitant le Nord, le couple avait tout vendu pour vivre leur aventure, à savoir une traversée de la Méditerranée jusqu'à la Thaïlande.

Le dernier message laissé par Christian Colombo sur son blog, fermé depuis vendredi, date du 19 août. Le ton est enjoué: "Voili voilou, nous sommes au sud d'Aden".

Lorsqu'il a émis un message de détresse, leur voilier français naviguait dans des eaux connues depuis plusieurs années pour le grand nombre d'actes de piraterie qui y sont commis, généralement par des Somaliens.

A trois reprises depuis 2008, les militaires français étaient intervenus dans l'océan Indien pour libérer des plaisanciers français détenus par des pirates.

Une quinzaine de pirates somaliens, soupçonnés d'avoir participé aux prises d'otages des navires français Le Ponant et Carré d'As en 2008 et le Tanit en 2009, sont à la disposition de la justice française depuis leur capture.


AFP
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