Obama ne croit pas au démantèlement total du nucléaire iranien

"Si nous pouvions trouver une option selon laquelle l'Iran démantèlerait jusqu'au dernier boulon son programme nucléaire et abandonnerait la possibilité même de plus jamais avoir de programme nucléaire et de se débarrasser ainsi de toutes ses capacités militaires, je l'adopterais", a déclaré le président Obama. "Mais je veux que chacun comprenne bien que cette option précise n'est pas possible et nous devons en conséquence, faire en sorte de nous donner les moyens de trouver la meilleure option pour nous assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire", a-t-il ajouté devant le forum annuel du centre Saban pour la politique au Moyen Orient, à l'Institut Brookings à Washington.

"Nous pouvons envisager un accord global qui prévoit des contraintes exceptionnelles et des mécanismes de vérification et des inspections mais qui permettrait à l'Iran d'avoir un programme nucléaire pacifique", a-t-il ajouté, avec la possibilité "limitée" pour Téhéran d'enrichir de l'uranium pour un usage civil et sous le contrôle d'observateurs extérieurs.

Mais ce scénario n'autoriserait pas Téhéran à avoir des infrastructures solides ou des centrifugeuses assez puissantes pour enrichir de l'uranium à visée militaire. Barak Obama a une nouvelle fois insisté sur le fait que l'accord intérimaire obtenu le mois dernier à Genève entre l'Iran et les grandes puissances ne donnait pas "le droit (à Téhéran) d'enrichir" de l'uranium malgré les interprétations de l'accord par certains hauts responsables iraniens.

Visite de l'AIEA en Iran

On apprend par ailleurs via l'agence Fars que deux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) visitent dimanche l'usine de production d'eau lourde d'Arak (centre), dans le cadre d'un accord de vérification des sites nucléaires iraniens. L'usine se trouve sur le même site qu'un réacteur à eau lourde d'Arak que l'Iran envisage de mettre en route vers la fin 2014. Ce réacteur est au cœur des préoccupations des grandes puissances car il offrirait à l'Iran la possibilité d'extraire du plutonium qui, une fois retraité, pourrait être utilisé pour la construction d'une bombe atomique.

"Les experts de l'AIEA ont débuté leur visite dans la matinée, et celle-ci se poursuivra dans l'après-midi", a précisé à l'agence Fars le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi. Les deux inspecteurs doivent repartir pour Vienne, siège de l'AIEA, dans la soirée, a-t-il ajouté.

Longue enquête de l'AIEA

L'agence onusienne tentait d'accéder à ce site depuis 2011. La visite de l'usine fait partie de l'accord sur un "cadre de coopération" signé le 11 novembre, qui doit permettre à l'AIEA de s'assurer de la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire controversé de Téhéran.

L'Iran a trois mois pour appliquer cette "feuille de route" en six points, qui vise à "créer plus de confiance entre les deux parties".

L'OIEA avait indiqué samedi avoir fourni à l'AIEA "les renseignements requis sur les recherches en cours" pour sa nouvelle génération de centrifugeuses utilisées pour produire de l'uranium enrichi.

Si l'AIEA a déjà régulièrement inspecté le réacteur en construction d'Arak, elle n'a plus reçu de détails sur sa conception et son fonctionnement depuis 2006 et n'avait pas été autorisée à visiter le site de production d'eau lourde depuis août 2011.

Outre l'inspection de l'usine d'Arak et des mines d'uranium de Gachin (sud), l'accord avec l'AIEA prévoit que l'Iran fournisse des informations sur les futurs réacteurs de recherche, les emplacements des nouvelles centrales nucléaires civiles ou encore les futurs sites d'enrichissement d'uranium.

L'agence tente depuis deux ans d'éclaircir certains éléments indiquant que l'Iran a cherché à développer l'arme atomique, principalement avant 2003, sous couvert de nucléaire civil.

Selon un accord intérimaire conclu fin novembre à Genève avec le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne), l'Iran s'est engagé à geler les travaux sur le réacteur pour une période de six mois et à ne pas construire d'usine de retraitement de plutonium. En échange, les grandes puissances ont accepté un allègement limité des sanctions asphyxiant l'économie iranienne.

AFP

 

Belga

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