Nucléaire : l'Iran a commencé à produire de l'uranium enrichi à 60%

Le président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali-Akbar Saléhi à Téhéran le 10 avril 2021
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Le président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali-Akbar Saléhi à Téhéran le 10 avril 2021 - ©

L’Iran a annoncé vendredi avoir commencé à produire de l’uranium enrichi à 60% dans une nouvelle entorse à ses engagements pris devant la communauté internationale, inquiète de ses ambitions nucléaires.

"Maintenant, nous obtenons 9 grammes par heure" d’uranium enrichi à 60% en isotope 235 (plus radioactif que l’uranium naturel) à Natanz, dans le centre du pays, a déclaré le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali-Akbar Saléhi.

Si ce rythme était maintenu constant et ininterrompu, il faudrait à l’Iran 322 jours pour produire les quelque 70 kg d’uranium à 60% qui, à l’issue d’un nouveau cycle d’enrichissement (dont la durée dépendrait de la puissance des machines utilisées), lui permettraient d’obtenir la masse critique de 25 kg d’U-235 à 90%, nécessaire à la fabrication d’une (et une seule) bombe nucléaire, selon les critères de non-prolifération de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Mais il faudrait pour cela que le pays dispose d’une quantité suffisante d’uranium enrichi à 20%. Or, selon le dernier rapport public de l’AIEA sur le sujet, son stock d’uranium à 20% était, à la mi-février, de 17,6 kg.

Après une explosion dimanche dans son usine de Natanz, qu’elle a imputée à son ennemi juré Israël, la République islamique a annoncé mardi qu’elle allait enrichir ce minerai à hauteur de 60% à des fins "médicales", seuil inédit pour le pays bien au-delà des 20% qu’elle pratique depuis janvier et du seuil maximal de 3,67% autorisé par l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015.

L’annonce du lancement effectif de la production d’uranium à 60% en U235 survient alors que des discussions ont lieu à Vienne, sous l’égide de l’Union européenne, dans le but de sauver ce pacte, sabordé par la décision des Etats-Unis de s’en retirer unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump.

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