Nucléaire iranien: Obama a appelé Netanyahu pour discuter de l'accord

"Conformément à notre engagement de consulter nos amis israéliens, le président a dit au Premier ministre qu'il veut que les Etats-Unis et Israël commencent immédiatement des consultations concernant nos efforts pour négocier une solution globale" du problème du programme nucléaire iranien, a indiqué à des journalistes Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche.

"Les deux dirigeants ont réaffirmé leur objectif commun d'empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire", a déclaré le porte-parole à bord de l'avion présidentiel Air Force One qui emmenait M. Obama vers la côte ouest des Etats-Unis.

Au cours de son entretien téléphonique avec M. Netanyahu, M. Obama a souligné, selon son porte-parole, que le groupe 5+1, composé des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Allemagne, cherchera lors des prochains pourparlers avec les Iraniens à obtenir "une solution durable, pacifique et globale qui dissiperait les préoccupations de la communauté internationale concernant le programme nucléaire de l'Iran".

L'Iran est accusé par les Occidentaux et par Israël de vouloir acquérir l'arme nucléaire sous couvert d'un programme nucléaire civil. Téhéran rejette ces accusations et affirme que son programme est à usage purement civil.

Les membres du groupe 5+1 ont salué l'accord conclu avec l'Iran à Genève, qui porte sur une période de six mois, comme un premier pas décisif dans la résolution de la crise autour du nucléaire iranien.

Ban Ki-moon: Un accord "historique" est peut-être en vue

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a estimé dimanche que l'accord préliminaire sur le nucléaire iranien signé à Genève pourrait être "le début d'un accord historique pour les peuples et nations du Moyen-Orient et au-delà", selon son porte-parole.

Toutes les parties impliquées, Téhéran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Chine et Allemagne) doivent maintenant s'employer à "créer la confiance mutuelle et permettre la poursuite des négociations pour étendre la portée de cet accord initial", a ajouté Ban Ki-moon.

De son côté, le président des États-Unis Barack Obama a qualifié de "première étape importante" l'accord conclu dimanche, tout en soulignant que d'"énormes difficultés" persistaient dans ce dossier.

Le président iranien Hassan Rohani a estimé quant à lui que "dans l'accord, le droit à l'enrichissement d'uranium sur le sol iranien a été accepté (...) et la structure des sanctions a commencé à se fissurer".

Le président russe, Vladimir Poutine, a lui indiqué qu'il s'agissait d'une "percée", mais seulement un "premier pas" sur un chemin long et difficile.

Les Emirats arabes unis se sont eux félicités de la décision et ont émis l'espoir qu'elle contribuera à terme à la stabilité de la région. Il s'agit de la première réaction d'une des six monarchies arabes du Golfe, qui redoutent que leur voisin iranien se dote un jour de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire à usage civil.

Seule voix vraiment négative, Israël a dénoncé un "mauvais accord qui offre exactement ce que l'Iran voulait: la levée significative des sanctions et le maintien d'une partie significative de son programme nucléaire", puisqu'il "laisse en place les centrifugeuses", selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Celui-ci a ensuite qualifié l'accord "d'erreur historique".

Le président israélien Shimon Peres a pour sa part souligné que l'accord était un arrangement "intérimaire" qui devra être jugé "sur les résultats et non sur les mots".

"La conclusion d'un accord à Genève envoie un important message à Israël pour qu'il comprenne que la paix est la seule option au Moyen-Orient", peut-on par ailleurs lire dans un communiqué du porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina.


Belga

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