Nucléaire iranien: des sanctions mèneraient à une confrontation

Le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a estimé mercredi à Bruxelles que de nouvelles sanctions de la communauté internationale contre son pays dans le dossier nucléaire mèneraient à la "confrontation".

"Il y a deux options" à présent pour régler le problème, "la première basée sur la coopération" en s'appuyant sur l'accord annoncé le 17 mai entre Téhéran, Brasilia et Ankara, pour un échange de combustible nucléaire iranien, et "l'autre basée sur la confrontation", a déclaré Manouchehr Mottaki. "La résolution (sur de nouvelles sanctions contre l'Iran en discussion au Conseil de sécurité de l'ONU, ndlr) prépare le terrain à la confrontation", a-t-il ajouté devant un centre de réflexion européen, le European Policy Center. "Ce n'est pas notre option préférée mais il appartient aux autres parties de décider quelle voie emprunter", a jugé le chef de la diplomatie iranienne.

Le Conseil de sécurité a commencé à examiner un nouveau projet de sanctions pénalisant l'Iran pour son programme nucléaire, qui est soutenu par les cinq membres permanents du Conseil, détenteurs d'un pouvoir de veto. Il est question notamment d'interdire de vendre à l'Iran de nouvelles catégories d'armes lourdes: chars de combat, véhicules blindés de combat, systèmes d'artillerie de gros calibre, avions de combat, hélicoptères d'attaque, navires de guerre, missiles et systèmes de missile.

L'Iran fait déjà l'objet de trois séries de sanctions internationales pour son refus de suspendre l'enrichissment d'uranium, une des étapes cruciales du cycle de production d'énergie nucléaire, civile comme militaire. Téhéran affirme que son programme nucléaire est pacifique mais de nombreux pays soupçonnent les Iraniens de chercher à se doter de l'arme atomique.

A Bruxelles,Manouchehr Mottaki a réaffirmé que son pays n'avait pas l'intention de renoncer à son intention de se procurer de l'uranium enrichi à 20%, estimant que c'était son droit et qu'il reviendrait le moment venu à son pays de décider librement s'il le fera "via un échange ou via une production" sur place.

Officiellement, cet uranium à 20% doit servir à un réacteur de recherche. Dans le même temps, Manouchehr Mottaki a justifié la nécessité pour son pays d'être équipé militairement pour se défendre."La doctrine de notre pays pour la production militaire est une doctrine de défense", a-t-il assuré, "dans l'histoire il n'y a jamais eu d'agression de l'Iran mais nous avons été attaqués" notamment par l'Irak de Saddam Hussein.

Aujourd'hui, "les Etats-Unis ont dit à plusieurs reprises, notamment pendant les deux dernières années de l'administration (George W.) Bush, que l'option d'une frappe militaire était sur la table", a-t-il fait valoir. "A plusieurs reprises, des responsables et militaires israéliens ont annoncé qu'il y aurait des frappes contre l'Iran, et nous devrions ne pas être prêts?", a-t-il demandé.


AFP

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