Nouvelle-Zélande: le capitaine du cargo échoué arrêté

Nettoyage de la plage de Papamoa, près de Tauranga, le 12 octobre 2011 en Nouvelle-Zélande
Nettoyage de la plage de Papamoa, près de Tauranga, le 12 octobre 2011 en Nouvelle-Zélande - © Bradley Ambrose (AFP)

Le risque d'une vaste marée noire dans une des plus belles baies de Nouvelle-Zélande s'est accru mercredi avec l'apparition de nouvelles fractures sur la coque d'un porte-conteneur échoué, dont le capitaine a été arrêté.

"Nous avons identifié des fractures d'usure sur (la coque du) navire. Nous ne pouvons pas écarter le risque d'une cassure du bateau, c'est surveillé de très près", a déclaré le Premier ministre néo-zélandais John Key à la presse mercredi, une semaine après l'échouage du porte-conteneurs Rena au large de Tauranga (île du Nord).

"Je voudrais que ce bateau ne soit pas en train de recracher du pétrole dans les eaux pures de Nouvelle-Zélande. Mais c'est le cas et nous devons gérer la situation", a-t-il ajouté, alors que plusieurs plages de la baie sont d'ores et déjà souillées.

Le capitaine du Rena, un bateau battant pavillon libérien, a été arrêté pour navigation dangereuse et présenté devant un tribunal de Tauranga, sous haute protection policière, ont indiqué les autorités.

A la demande de son avocat qui craint que "le public se charge lui-même de faire justice", la justice a ordonné aux médias de ne publier ni sa photo ni son nom.

Libéré sous caution, il devra comparaître le 19 octobre. Il encourt un minimum de 10.000 dollars néo-zélandais (5.700 euros) d'amende et un maximum d'un an de prison.

Le ministre de l'Environnement Nick Smith avait déclaré la veille qu'il s'agissait de "la pire catastrophe écologique maritime qu'ait connue la Nouvelle-Zélande".

Accident le 5 octobre

Le Rena a heurté le 5 octobre un des récifs de la baie de Plenty, à quelques kilomètres des côtes. Malgré des opérations de pompage, compliquées mardi par une tempête avec des vagues de cinq mètres, il a déjà déversé jusqu'à 300 tonnes de carburant dans la baie de Plenty, un écrin marin peuplé de baleines et de dauphins. Si elle se brise, sa coque endommagée à la proue risque de libérer 1.700 tonnes de carburant sur le récif Astrolabe, réputé pour la richesse de sa faune et de sa flore.

Dans l'hypothèse la plus pessimiste d'un déversement intégral dans la mer de ses cuves, la catastrophe de Tauranga resterait toutefois sans rapport avec les grandes marées noires des dernières décennies. Mais elle abîmerait un des endroits les plus riches de cette région du globe, par sa faune et sa flore, et se déroulerait dans un pays très sourcilleux sur la protection de ses paysages, marins et terrestres.

Quelque 70 conteneurs du Rena sont par ailleurs tombés à la mer, a indiqué Maritime New Zealand (MNZ), le service chargé d'assurer la sécurité des personnes et de l'environnement en mer. "Il y a 1.368 conteneurs à bord. Onze conteneurs renfermant des substances dangereuses sont toujours sur le navire et ne figurent pas parmi les quelque 70 qui sont passés par-dessus bord", a déclaré MNZ dans un communiqué. Un navire doté d'une grue est en route depuis Singapour pour enlever les conteneurs du bateau, selon Radio New Zealand.

Les galettes de fioul ont atteint les plages et les habitants découvraient mercredi, horrifiés, des plages maculées de boue noire et des cadavres d'oiseaux englués de pétrole.

"Je le sens depuis ma maison", a déclaré Peter Cramond, qui habite à 400 mètres du rivage, en parcourant la plage sous un vent violent et une pluie battante. "Je n'ai pas dormi de la nuit, sachant tout ce qu'enduraient les oiseaux et la faune marine. C'est atroce".

En mars 1989, le pétrolier américain Exxon Valdez avait heurté un récif dans la baie du Prince William (Alaska), déversant quelque 38.800 tonnes de pétrole.

AFP
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