Votation suisse: oui à un durcissement de la loi sur les armes

Nouvelle votation suisse : pour ou contre les armes
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Nouvelle votation suisse : pour ou contre les armes - © Tous droits réservés

Ce dimanche, les Suisses étaient invités à se prononcer sur un éventuel durcissement de la loi sur les armes. Les derniers sondages y étaient plutôt favorables. Ils n'ont pas menti. Selon les projections de l'Institut de sondage gfs.bern, le oui l'emporterait avec 67% des suffrages (+/- 3 points de marge d'erreur).

Pays neutre, la Suisse est aussi un pays ou les armes sont très présentes. Même s'il n'existe pas de registre fédéral, il y aurait plus de 2,3 millions d’unités en circulation dans le pays, soit près de trois pour 10 habitants, ce qui classe la Suisse au 16e rang mondial pour le nombre d'armes par habitant. Les Suisses sont très attachés à la liberté du port d’armes. Il y a dix jours, un sondage donnait le « oui » gagnant avec 65%.

Le projet de durcissement de la loi découle des nouvelles mesures antiterroristes de l’UE et entend interdire les armes semi-automatiques, c'est à dire celles qui sont munies d'un chargeur de grande capacité.

L’enjeu c’est Schengen

Un rejet de modification de la loi aurait compromis la participation de la Suisse à l’espace Schengen. La coopération se serait terminée automatiquement, à moins que les 28 États membres et la Commission européenne n'aient accepté une dérogation helvétique. Une « pression européenne » qui a dérangé plus d’un Suisse.

 

La crainte des tireurs sportifs

Le référendum a été lancé par la Communauté d’intérêts du tir suisse qui craint pour son sport. Selon ses membres, plus de 80% des armes utilisées pour les sports de tir seront immédiatement interdites si le projet passe…

Avant le vote, le gouvernement suisse avait averti les électeurs qu'un rejet de cette nouvelle législation pourrait conduire à une exclusion de la Confédération - qui n'est pas membre de l'UE - des accords européens de Schengen et Dublin auxquels elle est associée. Une telle exclusion aurait eu des conséquences dans les domaines de la sécurité et de l'asile, mais aussi en matière de tourisme, et aurait coûté plusieurs milliards de francs suisses par an, selon les autorités fédérales.

« Dommage que la population ait suivi l'argument de la peur avec Schengen. C'est un peu malheureux, mais nous acceptons le résultat », a réagi Olivia de Weck, vice-présidente de ProTell, le lobby pro-armes suisse qui s'était fortement mobilisé contre la nouvelle législation. « C'est la démocratie qui prime », a souligné Mme de Weck, ajoutant: « Nous savions que ça allait être difficile. »

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