Nouveau naufrage avec plus de 300 migrants, "pas les moyens de les secourir"

Les gardes côtes estiment ne pas pouvoir les secourir, ce lundi
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Les gardes côtes estiment ne pas pouvoir les secourir, ce lundi - © GIOVANNI ISOLINO - BELGAIMAGE

Un bateau avec plus de 300 personnes à bord est en train de sombrer en Méditerranée, a annoncé lundi l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui a reçu un appel à l'aide d'une personne sur cette embarcation affirmant que 20 passagers sont morts.

"L'OIM à Rome vient de recevoir un appel demandant de l'aide d'un bateau dans les eaux internationales (...). La personne qui a appelé dit qu'il y a plus de 300 personnes sur son bateau et qu'il est en train de couler", a indiqué aux médias l'organisation internationale, basée à Genève.

L'OIM a indiqué qu'il y avait trois bateaux de migrants côte à côte en Méditerranée, mais ajouté ne pas savoir exactement dans quelles eaux ils se trouvent.

L'organisation a contacté les gardes-côtes italiens.

Mais selon l'OIM, les gardes-côtes "n'ont pas les moyens de les secourir maintenant" car ils manquent de ressources en raison du naufrage d'un chalutier tôt dimanche au large de la Libye, qui a fait des centaines de disparus, selon des survivants.

D'après l'OIM, "les garde-côtes vont probablement essayer de rediriger des navires commerciaux" vers le lieu où le bateau est en train de couler. Une opération pas facile car selon l'OIM certains navires commerciaux "ne veulent pas collaborer".

Ce nouvel incident intervient alors que l'Union européenne a convoqué en urgence une réunion conjointe des ministres de l'Intérieur et des Affaires étrangères lundi, après un naufrage en Méditerranée survenu dans la nuit de samedi à dimanche qui aurait fait des centaines de morts.

Autre naufrage au large de Rhodes

Toujours ce lundi, quelques heures plus tard seulement, un voilier transportant plusieurs dizaines de migrants s'est échoué lundi au large de l'île grecque de Rhodes, ont annoncé les garde-côtes qui font état d'un premier bilan de trois morts, dont un enfant.

Nonante-trois personnes ont pu être sauvées au cours d'une impressionnante opération de secours à quelques mètres du rivage, a annoncé la police portuaire. Trente d'entre eux ont été hospitalisés.

"Le voilier s'est échoué sur les rochers près du port de Rhodes. Il y a eu trois morts, dont un enfant (...)", a indiqué à l'AFP une responsable de la police portuaire. Les autorités grecques restent néanmoins prudentes quant au nombre total de personnes que transportait le bateau.

Le voilier en bois à bord duquel ils avaient embarqué est totalement détruit, précise la garde-côte grecque. Sur les images diffusées par des chaînes de télévision grecques, on voit des naufragés s'agripper à des radeaux de fortune ou des planches de bois.

"Les habitants des environs ont été très émus et se sont tous précipités pour apporter des serviettes, des couvertures, de l'eau et de la nourriture aux migrants", a raconté à l'AFP Michalis Smastis, journaliste à "Rodiaki", qui a assisté à la scène.

"Cette opération de sauvetage était particulièrement difficile à cause des gros rochers à proximité du rivage et du fait que la majorité des migrants ne sait pas nager", estime-t-il.

Démantèlement d'un réseau de passeurs

La justice italienne a par ailleurs arrêté ce lundi 24 membres d'un réseau de passeurs qui faisait transiter des immigrés d'Afrique jusqu'en Europe du Nord, via la Méditerranée et la Sicile, a-t-on appris auprès du parquet de Palerme.

Ces trafiquants avaient organisé au moins 15 voyages depuis mai 2014 et réclamaient aux candidats à l'immigration entre 1500 et 2000 dollars, a précisé le parquet.

Le président du Conseil italien Matteo Renzi a confirmé lors d'une conférence de presse que 24 membres de ce réseau avaient été arrêtés lundi matin, portant le nombre total des passeurs arrêtés par l'Italie à 1002 personnes.

Les migrants, venus principalement d'Erythrée, du Soudan et de Somalie, embarquaient près de Zuwarah en Libye à destination de la Sicile, a précisé le parquet devant la presse. Les migrants étaient cantonnés dans des hangars près du littoral avant leur départ.

Selon un volumineux rapport d'enquête du parquet de Palerme, cité par les médias italiens, des centaines de migrants étaient embarqués sur des bateaux en mauvais état, les passeurs les abandonnnant en pleine mer après avoir lancé des appels au secours, comptant cyniquement sur les secours italiens pour les recueillir.

Une véritable agence de voyage

Les passeurs organisaient tout le voyage, y compris la fuite depuis les centres d'accueil italiens. Les migrants sauvés en mer sont ensuite transportés dans ces centres disséminés sur tout le territoire italien. Mais quelque deux migrants sur trois préfèrent gagner par leurs propres moyens d'autres destinations en Europe plutôt que d'attendre un hypothétique droit d'asile en Italie, selon les organisations d'aide aux migrants.

Les trafiquants arrêtés avaient recours à des systèmes de paiement sophistiqués comme les transferts d'argent via Moneygram ou Western Union.

A chaque immigré "client" était attribué un numéro, et chaque paiement était consigné dans un dossier, selon le parquet.

Le réseau, fonctionnant comme une véritable agence de voyage avec des relais en Sicile et en Lombardie, organisait le transport jusqu'à Rome et Milan, généralement en voiture ou en autocar, puis le voyage vers les destinations finales: la Norvège, la Suisse, la France, la Grande-Bretagne ou encore l'Allemagne. Les tarifs étaient plus ou moins chers, selon que le moyen de transport était le train, l'autocar ou l'automobile.

Le groupe criminel serait dirigé par l'Erythréen Medhanie Yehdego Mered et l'Ethiopien Ghermay Ermias. Les noms de ces deux trafiquants, décrits comme sans pitié, étaient apparus dans l'enquête ouverte après le naufrage du 3 octobre 2013 au large de l'île de Lampedusa qui avait fait 366 morts.

RTBF avec Belga

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