"Nous sommes en train de perdre la course" du climat, dit le chef de l'ONU

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, lors du sommet du G7 le 26 août 2019 à Biarritz (France).
Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, lors du sommet du G7 le 26 août 2019 à Biarritz (France). - © LUDOVIC MARIN - AFP

Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a estimé mardi que l'accord de Paris sur le climat n'avait pas encore échoué, mais que le temps était compté pour éviter la catastrophe climatique. "Nous avons besoin de changer profondément la façon dont nous produisons notre nourriture, d'où vient l'énergie de nos économies, comment nos villes sont organisées, comment nous produisons notre énergie", a-t-il assuré, observant que "de plus en plus de gens (...) comprennent qu'il faut le faire".

"Je voudrais voir toute la société accroître la pression sur les gouvernements pour qu'ils comprennent qu'ils doivent aller plus vite, car nous sommes en train de perdre la course", a-t-il déclaré dans une interview à une collaboration de dizaines de médias internationaux, Covering Climate Now.

Samedi, Antonio Guterres accueillera un sommet de la jeunesse sur le climat à New York à l'ONU, puis lundi un sommet spécial climat avec des chefs de gouvernements et d'Etats, appelés à revoir leurs engagements à la hausse, pour limiter le réchauffement du globe à 1,5°C ou 2°C, par rapport à la période préindustrielle, au 19e siècle.

"La recherche scientifique nous dit que ces objectifs restent atteignables", a dit Antonio Guterres, en admettant que l'inaction des pays membres de l'ONU pouvait, au moins partiellement, être compensée par d'autres acteurs non-étatiques - en particulier aux Etats-Unis, où les Etats fédéraux comme la Californie prennent le relais.

"L'un des aspects les meilleurs de la société américaine est que c'est un pays fédéral, et que les décisions sont décentralisées", a-t-il dit. "Je serai donc toujours favorable à ce que les décisions relatives au changement climatique soient toujours aussi décentralisées que possible".

Un "nouveau souffle" dans l'UE

Il a noté que de grandes villes, des régions et des entreprises prenaient le relais, et que des banques et des fonds d'investissement se retiraient des secteurs du charbon et des énergies fossiles.

Il a aussi pris l'exemple de l'Union européenne, où seuls trois pays s'opposent encore à l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, disant percevoir un "nouveau souffle", notamment avec la croissance des énergies solaires en Inde et en Chine.

"Nous avons besoin de changer profondément la façon dont nous produisons notre nourriture, d'où vient l'énergie de nos économies, comment nos villes sont organisées, comment nous produisons notre énergie", a-t-il poursuivi.

"J'ai l'impression que de plus en plus de gens, d'entreprises, de villes et d'Etats comprennent qu'il faut le faire", a conclu Antonio Guterres.

Extrait d'une interview d'Antonio Guterres par CBS sur le climat

- Antonio Guterres: "La nature est en colère."  

- Mark Phillips, CBS News : "La nature est en colère ?"

- Antonio Guterres: "Et la nature, tu ne peux pas jouer avec la nature. La nature contre-attaque. Et nous voyons la nature contre-attaquer et c'est un problème très sérieux." 
- Journaliste : "Dans quelle mesure la position de Washington pose-t-elle problème, entendez-vous d'autres pays dire : "Oh, s'ils ne le font pas, pourquoi le ferions-nous ?"
- Antonio Guterres : "Non, je ne pense pas que ce soit le problème, car le risque est un risque global. Ce n'est pas un risque pour un pays ou un autre."

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