Notre-Dame de Paris: 15 importants tableaux transférés au Louvre

Quinze importants tableaux du XVIIème siècle, épargnés par les flammes qui ont dévasté Notre-Dame de Paris, ont été décrochés pour être emmenés au musée du Louvre.

Sur le parvis où flotte dans l'air une odeur persistante de brûlé quatre jours après le sinistre, le ministre de la Culture Franck Riester confirme la bonne nouvelle: ces tableaux de grande taille, des "mays" du XVIIème siècle (appelés ainsi car ils étaient offerts au mois de mai à la cathédrale par la corporation des orfèvres) - les plus grands de 3 mètres sur 4 - "n'ont pas été abîmés" et "sont dans des conditions quasi normales".

Une bonne nouvelle que l'on espérait puisque l'intérieur de la nef n'avait pas été directement attaqué par l'incendie. Les tableaux "ont été préservés des flammes et peuvent être retirés, déposés et transportés dans des réserves sécurisées", précise le ministre.

Les 15 toiles de prix, signées notamment de Laurent de La Hyre ou Charles Le Brun, ont été soigneusement emballées et placées dans des camions qui devaient les transporter au Louvre.

Une cinquantaine de personnes ont été mobilisées, dont quatre équipes de six transporteurs. Des restaurateurs, des conservateurs, un photographe ont contrôlé et entouré leur travail. "La dépose se fait de manière pas facile. Les tableaux sont grands et lourds, les chapelles sont un petit peu encombrées", notamment par des confessionnaux modernes en verre, explique Isabelle Pallot-Frossard, directrice du Centre de recherche et de restauration des musées de France. "Le travail d'emballage est le plus long puisqu'on les descend d'abord, on les observe, on fait le constat d'état, des photographies, et ensuite on les emballe", dit-elle.

Pour Judith Kagan, chef du bureau de la conservation du patrimoine, "ce que nous faisons actuellement est une évacution pour permettre au chantier de se dérouler sans être occupé avec les objets précieux au milieu". "Il n'y a aucun tableau endommagé dans l'incendie", tient-elle à souligner.

Selon l'expert en oeuvres d'art Eric Turquin, qui a réalisé beaucoup d'expertises de toiles après incendies, "le fait que les tableaux étaient dans des chapelles latérales les a sans doute préservés d'une chaleur excessive qui aurait cristallisé la peinture et aurait eu un effet irrémédiable".

Des œuvres encore à l'intérieur

Seules quatre oeuvres, intactes mais pas encore accessibles car les lieux où elles se trouvent doivent être sécurisés, devaient rester dans la cathédrale: deux tableaux, un reliquaire contenant les restes de Sainte Geneviève, patronne de Paris, et "une Vierge à l'enfant qui est toute droite et a gardé un petit cierge qui est resté allumé pendant plusieurs jours", raconte Judith Kagan.

Pour expliquer le bon état de conservation, Mme Pallot-Frossard explique qu'"il n'y a pas eu du tout d'eau tombée dans les chapelles. Il n'y a pas eu de suie car il n'y a pas eu de feu important dans la cathédrale. Quand des poutres enflammées sont tombées, les pompiers ont immédiatement jugulé le feu".

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