Ces régions du monde dont on parle peu, mais où des humains souffrent

Le conflit israélo-palestinien rejaillit dans le médias depuis que des dizaines de roquettes tirées de la bande de Gaza se sont abattues lundi dernier sur le sud d'Israël. L'armée de l'air israélienne a lancé plus de trente frappes sur le sud du territoire palestinien peu après, à l'est de Rafah. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a dit "condamner les récents tirs de roquettes depuis Gaza contre Israël et appeler de nouveau les deux camps à exercer le maximum de retenue." Invité de Matin première ce mercredi, Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l'Université ouverte d'Israël, mettait en perspectives les récents évènements. "Bien sûr, il est fort possible que cette opération s’étale sur plusieurs jours voire quelques semaines, mais vous savez en général les opérations militaires dans la région sont assez rapidement (…) interrompues de telle sorte qu’on n’aille pas vers une guerre prolongée". Car, avance-t-il, "d’une certaine manière les deux parties n’y ont pas grand intérêt".

En parallèle à cela, d'autres situations complexes à travers le globe manquent de visibilité. Ils semblent parfois peu intéressants. Ou sont tout simplement inaccessibles aux organisations et aux médias. Nous avons décidé, de manière non-exhaustive, de dresser une carte afin de les mentionner.

En mai dernier, le directeur général d'Oxfam décrivait, dans un communiqué, ses craintes à l'égard de la situation au Soudan du Sud alors que le pays célèbre le troisième anniversaire de son indépendance aujourd'hui. "Soit nous agissons tout de suite, soit des millions de personnes vont en payer le prix. Un travail de titan nous attend, faire parvenir une aide massive à la population au pire moment de l'année, quand les pluies rendent de nombreuses régions difficiles d'accès et transforment les routes en torrents de boue", soulignait-il.

En réalité, les violences ont débuté il y a près de six mois. La situation humanitaire y est catastrophique. D'après Amnesty International, plus d'un million de personnes ont été déplacées et quatre-cent mille contraintes de fuir le pays. Toujours d'après l'organisation non gouvernementale, de nouveaux éléments apparaissent concernant des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par les forces du gouvernement et celles de l'opposition au Soudan du Sud.

Dans l'ouest du Soudan, le Darfour est en proie à une guerre civile depuis 2003. Elle a fait au moins 300 000 morts selon l'ONU. Les violences tribales et les combats entre rebelles et troupes gouvernementales ont déplacé un peu moins de 500 000 personnes juste en 2013.

Au Nigéria, le groupe islamiste armé Boko Haram terrorise le pays depuis près de quinze ans. Cette secte prône la fin de l'enseignement à l'occidentale par des attaques sanglantes contre les forces de sécurité et les civils depuis 2004 au Nigéria. Récemment, le groupe a revendiqué un rapt de près de 240 lycéennes. Le pays est également la cible d'actes de torture et d'autres mauvais traitements. Notamment de la part de policiers et de militaires.

Au sud et dans le centre de la Somalie, un conflit persiste entre la Mission de l'Union africaine en Somalie, les forces pro-gouvernementales et le groupe armé islamiste Al Shabab. Des villes entières changent régulièrement de mains dans ce pays où des milliers de civils ont été tués, blessés ou déplacés dans ce contexte de violence généralisée.

Les droits fondamentaux y sont largement méprisés, et les prises d'otages sont monnaie courante. Ravagée par la guerre civile depuis 1991, la Somalie a connu une famine meurtrière en 2011-2012. Des organisations humanitaires signalaient en mai dernier que la crise actuelle rencontrée par le pays risquait de se transformer en catastrophe alimentaire.

En Birmanie, les violences interethniques perturbent le pays depuis plusieurs années. L'an dernier, une simple dispute entre un marchand musulman et des clients bouddhistes sème la terreur. Quartiers pillés, mosquées incendiées et des dizaines de morts. Ce type d'incident prouve que les autorités doivent perpétuellement marcher sur des œufs durant leurs interventions.

Un groupe armé, la KIA (Armée pour l'indépendance kachin) fait également des siennes malgré une trêve de 17 années qui a pris fin en juin 2011. Les combats incessants minent tout espoir de cessez-le-feu, recherché pourtant depuis des mois.

En octobre dernier, Antonio Guterres, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés s'alarmait avec ces mots concernant le conflit en Syrie: "Nous sommes face à la crise humanitaire sans doute la plus dramatique que le monde ait connue depuis vingt ans."

Le pays est aux mains de Bachar al-Assad qui combat les zones tenues par les rebelles. Des nombreux Européens, dont des Belges, ont quitté leur pays pour rejoindre le front rebelle. Le clan des Assad dirige la Syrie d'une main de fer depuis plus de 40 ans après avoir muselé la presse et l'opposition, et écrasé déjà dans le sang un soulèvement des Frères musulmans dans les années 1980. Une révolte pacifique réclamant des réformes démocratiques avait éclaté en mars 2011, avant de se transformer en insurrection armée après avoir été brutalement réprimée.

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier 2014, la Centrafrique vit une crise sans précédent, rythmée par les exactions de l'ex-rébellion à majorité musulmane en déroute, et celles des milices anti-balaka. Le Conseil de sécurité de l'ONU avait voté l'envoi de 12 000 casques bleus dans ce pays déchiré par des violences entre chrétiens et musulmans. La mission de l'Organisation des Nations Unies entrera effectivement en action durant le mois de septembre prochain.

En 1959, des milliers des Tibétains avaient encerclé le palais du Dalaï-lama pour empêcher son enlèvement par les autorités chinoises. En vain. Le chef spirituel est exilé en Inde. Les militants appellent les autorités à agir politiquement en vue d'une autonomie totale du Tibet depuis lors.
Plus d'un million de Tibétains seraient morts sous la répression chinoise.

Secoué par des actes violents, le nord du Yémen est en guerre depuis 2004. La situation y est toujours instable tandis que des combattants d'Al-Qaïda s'y sont réfugiés. Les forces de sécurité du pays démontrent régulièrement leurs faiblesses. Les enlèvements et assassinats sont très fréquents.

L'organisation Amnesty International ainsi que d'autres appellent depuis longtemps les états à prendre leurs responsabilités afin d'intervenir dans cette région du monde.


M. Berger

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