Nos frigos, télés, lave-linge, lave-vaisselle… devront être plus réparables en 2021

Nos frigos, télés, lave-linge, lave-vaisselle… devront être plus réparables en 2021
Nos frigos, télés, lave-linge, lave-vaisselle… devront être plus réparables en 2021 - © Tous droits réservés

Combien y a-t-il de frigos, de télévisions, de lave-linge et de lave-vaisselle dans l’Union européenne ?

Ces objets massivement présents dans notre quotidien, ainsi que l’éclairage, devront bientôt être conçus de façon plus écologique. La Commission européenne a adopté aujourd’hui des mesures pour améliorer leur conception, à partir de 2021.

Des objets moins gourmands en énergie

La Commission impose d’abord des normes plus exigeantes pour ces appareils en matière de consommation d’eau et d’électricité.

Permettront-elles de réduire nettement les consommations européennes ? La Commission s’en félicite d’avance, dans un communiqué : "Ces mesures permettront aux ménages européens d’épargner en moyenne 150 euros par an et contribueront à réaliser des économies d’énergie équivalant à la consommation annuelle d’énergie du Danemark d’ici à 2030."

Un étiquetage plus clair des performances énergétiques des appareils sera aussi bientôt instauré.

Des objets moins polluants

Ces mesures comprennent aussi la mise au ban de certains produits chimiques dans la conception de ces objets, pour des raisons de santé publique des utilisateurs et de respect de l’environnement. Les écrans de télévision, par exemple, ne pourront plus comporter de "retardateurs de flammes", nocifs.

Le scintillement des éclairages sera également réglementé pour limiter la fatigue visuelle et les migraines qui peuvent y être liées.

Des objets plus souvent réparables

Ce n’est pas la première fois, loin de là, que la Commission européenne émet de nouvelles normes pour limiter l’empreinte carbone des objets vendus dans l’Union. Et elle avait déjà aussi imposé d’améliorer la durée de vie de certains objets, comme les aspirateurs.

Mais pour la première fois, la Commission exige de permettre une réparation de ces objets. Elle impose aux fabricants de commercialiser une série de pièces détachées. L’idée étant d’éviter de devoir jeter tout un frigo ou une télévision, un lave-linge ou un lave-vaisselle pour une pièce défectueuse.

A partir de 2021, les fabricants devront mettre ces pièces détachées à disposition pour une durée qui dépendra de l’appareil :

  • 7 ans minimum pour les appareils de réfrigération (10 ans pour les joints de porte)
     
  • 10 ans minimum pour les lave-linge ménagers
     
  • 10 ans minimum pour les lave-vaisselle ménagers (7 ans pour certaines pièces)

Au cours de cette période, le fabricant devra assurer la livraison des pièces de rechange dans un délai de 15 jours ouvrables. Ces pièces de rechange devront pouvoir être remplacées à l’aide d’outils couramment disponibles et sans dommage irréversible à l’appareil.

Les fabricants devront aussi garantir la disponibilité d’informations pour la réparation et l’entretien à l’intention des réparateurs professionnels.

"Une excellente nouvelle mais…"

Cette possibilité de ranimer nos appareils, c’était une demande de longue date du BEUC, le "bureau européen des unions de consommateurs", coupole européenne d’associations comme Test-Achats.

Le BEUC se réjouit de ces nouvelles règles mais aurait voulu qu’elles aillent plus loin encore.

"On aurait aimé que les consommateurs puissent réparer eux-mêmes leurs produits endommagés" regrette Pauline Constant, porte-parole du BEUC. "Or les nouvelles mesures ne vont pas rendre obligatoires pour les fabricants de fournir les pièces détachées directement au consommateur. Il faudra passer par des réparateurs agréés. Ce qui peut poser problème aux consommateurs qui veulent faire les réparations eux-mêmes, que ce soit par hobby, pour des raisons économiques, ou pour de raisons de rapidité".

"Des raisons de rapidité" parce que le délai autorisé pour livrer ces pièces détachées sera de 3 semaines. "On peut avoir du mal à imaginer une famille vivre sans machine à laver ou sans frigo pendant plus de 3 semaines sans être tentée par un rachat. On aurait aimé que ce délai maximal soit beaucoup plus court" regrette Pauline Constant.

Le bureau européen des unions de consommateurs salue tout de même ces règles comme un progrès et suggère à la Commission européenne de poursuivre son élan avec une palette plus large d’objets, comme les smartphones, trop vite jetés.

L'obsolescence programmée (16/06/2019)

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