Norvège: une campagne électorale où, pour la première fois, le pétrole est entré dans les débats

Norvège: une campagne électorale où, pour la première fois, le pétrole est entré dans les débats
Norvège: une campagne électorale où, pour la première fois, le pétrole est entré dans les débats - © PIERRE-HENRY DESHAYES - AFP

La droite conservatrice garde sa place de premier parti politique en Norvège, après des élections législatives où l'environnement s'est imposé comme un des thèmes majeurs de la campagne.

Au pays du pétrole offshore, le parti écologiste MDG a mis du temps à creuser son trou: inconnus il y a encore 5 ans, les Verts ambitionnaient de dépasser la barre des 4%, cap fatidique pour une entrée en nombre au parlement. Selon les derniers résultats, ils frôleraient les 4%... sans les atteindre.

En 2013 déjà MDG avait fait une percée dans les élections, arrivant à placer un député sur les bancs du parlement. Une avancée progressive, qui se base sur un discours radical anti-pétrole, dans un pays devenu le plus riche d’Europe grâce à l'or noir.

"Nous réclamons un plan de sortie progressive du pétrole sur 15 ans, tout en investissant et en créant des emplois dans les énergies renouvelables pour les personnes qui aujourd’hui travaillent dans le pétrole, clame Lars Gaupset, secrétaire du parti. Nous savons que nous avons déjà découvert plus de pétrole que ce qu’on pourra exploiter si l’on veut réussir notre objectif de réduction d’émissions, donc on ne comprend vraiment pas pourquoi on devrait rechercher encore plus de pétrole."

Lutter contre le changement climatique

C’était la première fois dans le débat politique norvégien qu’un lien direct est ainsi posé entre l’activité pétrolière du pays et la lutte contre les changements climatiques. Comme l'explique Baard Lahn, chercheur au centre de recherche sur le climat à Oslo, il était difficile pour la Norvège d'éluder ce débat, au vu de la prise de conscience de plus en plus forte d'une meilleure protection de l'environnement. "La signature des accords de Paris avec les objectifs qui y sont affichés, et les nouvelles connaissances scientifiques sur le capital carbone de la planète, la faible quantité d’émissions que le monde peut encore s’autoriser, font qu’il est devenu difficile aujourd’hui en Norvège d’éviter un débat sur l’avenir de l’industrie pétrolière."

Un débat qui ne laissa pas indifférent le citoyen norvégien : dans un sondage récent, un Norvégien sur deux se disait prêt à laisser une partie des hydrocarbures au fond de la mer afin de limiter les émissions de CO2 du pays.

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