Norvège: parole à la défense de Breivik pour le dernier jour du procès

L'extrémiste de droite Anders Behring Breivk sourit lors de son procès, le 21 juin 2012 à Oslo
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L'extrémiste de droite Anders Behring Breivk sourit lors de son procès, le 21 juin 2012 à Oslo - © Roald Berit

Le procès d'Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes l'an dernier, s'achève ce vendredi avec la plaidoirie de la défense qui devrait, sans aucune illusion, demander l'acquittement et, à défaut, que l'extrémiste de droite soit reconnu pénalement responsable.

Au terme de 10 semaines de procédure riche en témoignages poignants, Geir Lippestad doit entamer sa plaidoirie à 09H00 dans la salle 250 du tribunal d'Oslo.

Formellement, l'avocat devrait demander l'acquittement, une position qu'il a lui-même présentée dans le passé comme irréaliste mais incontournable dans la mesure où son client plaide non-coupable même s'il reconnaît les faits.

Breivik sain d'esprit ?

Sans illusion donc sur ce point, l'avocat devrait en fait consacrer l'essentiel de sa plaidoirie à tenter de prouver que l'extrémiste de droite est suffisamment sain d'esprit pour être tenu pour pénalement responsable des attaques du 22 juillet 2011.

Ce jour-là, Breivik avait ouvert le feu sur des jeunes travaillistes réunis en camp d'été sur Utoeya, faisant 69 morts, des adolescents pour la plupart. Juste auparavant, il avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, tuant huit autres personnes.

La santé mentale de Breivik, déclaré psychotique par une première évaluation psychiatrique officielle ensuite contredite par une contre-expertise, est la question centrale du procès.

Le tueur souhaite éviter l'internement

Même si cela le promet à une longue peine de prison, l'extrémiste de 33 ans tient à être déclaré sain d'esprit pour ne pas voir son idéologie invalidée par une pathologie mentale. Considérant qu'un internement psychiatrique serait "pire que la mort", le tueur a affirmé aux juges le mois dernier qu'il ne ferait pas appel s'il obtenait gain de cause sur ce point.

Jeudi, le Parquet a pour sa part requis l'internement psychiatrique, estimant qu'il y avait suffisamment de doutes sur la santé mentale de l'accusé pour retenir l'irresponsabilité pénale.

Les procureurs ont eux aussi assorti leur réquisitoire d'une demande subsidiaire de 21 ans de rétention de sûreté --la peine maximale qui peut être prolongée indéfiniment tant qu'un individu est jugé dangereux-- au cas où la Cour devait finalement conclure que Breivik est responsable.

AFP

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