Norvège: Anders Breivik présente des excuses pour les non politiques tués

Anders Behring Breivik
Anders Behring Breivik - © Lise Aserud (AFP)

Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes l'an dernier en Norvège, a présenté ses excuses lundi pour ses victimes sans appartenance politique, en refusant de faire de même pour les proches des adolescents tués sur l'île d'Utoeya.

"J'aimerais leur présenter mes profondes excuses", a dit l'accusé, en s'adressant aux familles des passants tués ou blessés par l'explosion de la bombe qu'il avait placée le 22 juillet 2011 près du siège du gouvernement norvégien.

Interrogé par le procureur s'il voulait étendre ses excuses aux familles des autres victimes tuées dans les bâtiments ministériels ou dans les rangs des jeunes travaillistes réunis en camp d'été sur Utoeya, Breivik a répondu par la négative.

Le massacre des jeunes travaillistes et des employés des ministères était "atroce mais nécessaire", a-t-il répété, affirmant que 44 des personnes qu'il a abattues sur Utoeya avaient des responsabilités au sein de la Jeunesse travailliste et que le camp d'été était un "camp d'endoctrinement politique".

Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes en Norvège l'an dernier, a regagné le box des témoins lundi pour continuer ses explications sur la tuerie d'Utoeya où 69 personnes, essentiellement des jeunes, ont péri le 22 juillet 2011.

Pour la sixième journée de son procès, Anders Behring Breivik doit répondre aux questions de l'accusation sur le massacre.

Vendredi, l'homme de 33 ans avait déjà longuement détaillé, d'une voix effroyablement calme et détachée, comment il avait fait feu pendant 75 minutes sur les jeunes travaillistes, certains paralysés par la peur, achevant la plupart d'entre eux d'une balle dans la tête.

Selon lui, les adolescents étaient des "cibles légitimes" car ils étaient membres d'une organisation politique coupable, à ses yeux, d'exposer la société norvégienne au multiculturalisme et à l'islam.

Lundi, selon le calendrier initial, Anders Behring Breivik doit aussi aborder la question centrale de sa santé mentale mais, en raison du retard pris par la procédure, le procureur Svein Holden a demandé à ce que ce thème soit différé à mercredi.

Déclaré psychotique par une première expertise psychiatrique officielle puis sain d'esprit par une contre-expertise, Anders Behring Breivik tient à être reconnu pénalement responsable afin, selon lui, de ne pas voir son idéologie islamophobe être décrédibilisée par un diagnostic.

Selon Anders Breivik, la première évaluation psychiatrique contient "plus de 200 mensonges": Je ne suis pas un cas psychiatrique et je suis pénalement responsable",

a-t-il déclaré vendredi.

Le 22 juillet, Breivik avait tué 69 personnes sur l'île d'Utoeya où se tenait un camp d'été de la jeunesse travailliste, juste après avoir fait exploser une bombe près du siège du gouvernement, faisant huit autres victimes.

Déclaré pénalement irresponsable, il risque l'internement psychiatrique à vie. Responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait ensuite être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux.

En dernier ressort, il reviendra aux juges de trancher la question de sa santé mentale dans leur verdict attendu en juillet.

AFP

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