Nobel de la paix: Trump "met en lumière" le risque nucléaire, dit l'ICAN

La directrice de l'ICAN Beatrice Fihn et le coordinateur Daniel Hogstan lors d'une conférence de presse à Genève ce 6 octobre 2017.
La directrice de l'ICAN Beatrice Fihn et le coordinateur Daniel Hogstan lors d'une conférence de presse à Genève ce 6 octobre 2017. - © FABRICE COFFRINI - AFP

La présidence de Donald Trump "met en lumière" le risque nucléaire dans le monde, a estimé vendredi la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), après avoir obtenu le prix Nobel de la paix.

"L'élection du président Donald Trump a mis beaucoup de gens très mal à l'aise, à l'idée qu'il puisse, à lui seul, autoriser l'utilisation des armes nucléaires", a déclaré la directrice de l'ICAN, Beatrice Fihn, lors d'une conférence de presse à Genève.

Trump "n'écoute pas"

La Suédoise a également critiqué le fait que le nouvel occupant de la Maison Blanche avait montré qu'il "n'écoute pas" toujours les experts.

"Si vous êtes mal à l'aise avec l'idée que Donald Trump puisse avoir des armes nucléaires (...), alors vous devez vous sentir mal à l'aise avec l'idée même des armes nucléaires", a-t-elle dit.

Elle a également souligné que les "armes nucléaires n'apportent pas la sécurité et la stabilité", notant que les gens aux États-Unis, au Japon et en Corée du Nord "ne se sentaient pas particulièrement en sécurité".

"Aucun pays sérieux en matière de principes humanitaires ne devrait poursuivre de telles activités" nucléaires, a-t-elle insisté, appelant au dialogue les parties en conflit sur les questions nucléaires.

"Les négociations ont montré qu'elles peuvent être efficaces", a assuré Beatrice Fihn, appelant notamment à soutenir l'accord sur le nucléaire iranien, d'autant que "l'Iran se conforme à l'accord".

Un traité à la portée symbolique

Regroupant plusieurs centaines d'ONG, l'ICAN s'est mobilisée pour le traité d'interdiction de l'arme atomique, adopté par 122 pays le 7 juillet à l'ONU.

Ce texte propose pour la première fois l'interdiction de développer, stocker ou menacer d'utiliser l'arme atomique. Sa portée devrait cependant rester essentiellement symbolique puisque les puissances nucléaires ont toutes refusé d'y adhérer.

Ce traité entrera en vigueur une fois qu'il aura été ratifié par 50 pays, a indiqué Beatrice Fihn vendredi, précisant que l'ICAN s'attend à ce que cet objectif soit atteint "fin 2018".

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