Nobel de la paix 2018: Nadia Murad et Denis Mukwege reçoivent leur prix à Oslo

Le moment est symbolique. A Oslo, les deux lauréats sont venus recevoir leur prestigieuse récompense. Nadia Murad et Denis Mukwege, tous deux honorés pour "leurs efforts en vue de mettre fin à l’emploi des violences sexuelles en tant qu’arme de guerre."

Nadia Murad, 25 ans, devient la première personnalité irakienne à recevoir la prestigieuse récompense. Nadia Murad, comme des milliers d’autres filles et femmes de sa communauté, a subi tortures, viols et multiples reventes sur les marchés aux esclaves des djihadistes en 2014. Conduite de force à Mossoul, la jeune femme parvient à prendre la fuite à l’aide d’une famille musulmane. Munie de faux papiers d’identité, elle rejoint un camp de déplacés au Kurdistan, puis parvient à joindre sa sœur en Allemagne, où elle vit désormais depuis quatre ans. Elle a survécu à son calvaire, devenant une porte-parole de la minorité yazidie. Nadia Murad poursuit d’ailleurs son combat, pour que les persécutions commises en 2014 par les terroristes de l’Etat islamique soient reconnues comme génocide. Ce lundi, en recevant le Nobel de la paix, elle a imploré la communauté internationale de protéger son peuple. Nadia Murad affirme que plus de 3.000 Yazidies sont toujours portées disparues, peut-être encore captives. Elle demande d’œuvrer rapidement à leur libération.

La seule guerre qui vaille est la guerre contre l'indifférence

Mais en cette année 2018, les jurés du Prix Nobel ont également récompensé une voix parmi les plus critiques envers le régime du président congolais. Denis Mukwege, 63 ans, a soigné des milliers de victimes de violences sexuelles. "Travailler sans relâche, ne jamais se résigner à l’horreur", tel est le crédo de celui qui "répare" depuis des années les femmes violées, victimes des guerres oubliées dans l’est de la République démocratique du Congo. En recevant son prix, ce lundi, le médecin congolais a estimé que la seule guerre qui valait la peine d'être menée était celle contre la violence. "Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard", a affirmé le gynécologue. Le docteur Mukwege aurait pu rester en France, après ses études à Angers. Mais il fait le choix de retourner en République démocratique du Congo et d’y rester aux heures les plus sombres. Un combat sans relâche pour la dignité des femmes. Entre deux voyages à l’étranger, il vit dans sa fondation à Bukavu, sous la protection permanente des soldats de la Mission des Nations Unies au Congo. A ceux qui le croient tentés par la politique, il rétorque seuls comptent pour lui ses patientes et qu’il n’entend en rien renoncer à sa liberté d’expression.

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