Nigeria: au moins 15 morts depuis le début des manifestations

Nigeria: au moins 15 morts depuis le début des manifestations
Nigeria: au moins 15 morts depuis le début des manifestations - © Michael Kraus / EyeEm - Getty Images/EyeEm

Les manifestations de la jeunesse contre les violences policières ont fait au moins 15 morts au Nigeria, selon un bilan d'Amnesty International établi depuis le début de la contestation voici une dizaine de jours et qui s'étend désormais à des revendications contre le pouvoir central.

"Pour l'instant quinze personnes ont été tuées, dont deux policiers", a déclaré lundi à l'AFP Isa Sanusi, le porte-parole d'Amnesty International au Nigeria, après un week-end de violences dans plusieurs Etats du pays.

"Une personne a été tuée à Benin City (Etat d'Edo), une autre à Abuja (la capitale fédérale), deux à Osogbo (Etat d'Osun) durant le week-end, et un homme a également été tué à Kano ce matin", a précisé Amnesty.

La mégalopole de Lagos bloquée

Des milliers de manifestants bloquaient lundi toutes les routes principales de Lagos, la mégalopole économique de 20 millions d'habitants, ont rapporté plusieurs témoins à l'AFP, totalement immobilisés dans des embouteillages.

Dans la capitale de l'Etat d'Edo (sud), un Etat où le taux de criminalité est particulièrement élevé, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues lundi matin et ont été confrontés à des groupes de jeunes, armés de bâtons ou d'armes de poing, accusés d'être payés par des responsables politiques locaux.

"Dans mon quartier (Upper Sokponda), des centaines de jeunes marchaient en chantant, ils ne chantaient plus contre la SARS", l'unité de police très controversée au coeur des premières revendications, raconte à l'AFP Kelvin Osagie, un témoin de 29 ans. "Des commissariats ont aussi été attaqués à la bombe près de chez moi", poursuit-il.

Un couvre-feu décrété

"Nous regrettons les attaques sur les locaux de police à Ugbekun, Oba Market et Idogbo par des personnes se présentant comme des manifestants #EndSARS", a indiqué la police nigériane sur Twitter lundi matin. Le gouverneur de l'Etat a annoncé la mise en place d'un couvre-feu de 24 heures à partir de lundi après-midi.

"Le gouvernement ne peut pas resté assis tranquillement quand des voyous ont décidé de faire la loi", a posté son porte-parole sur Twitter.

De son côté, Amnesty International a regretté les attaques "de bandes armés sur les manifestants à Abuja" lundi matin où "des douzaines d'entre eux ont été blessés."

La colère de la jeunesse contre les violences policières qui fait rage depuis plus d'une semaine dans le sud du pays, s'est vite transformée en contestation populaire, et les panneaux EndSARS, en référence à une unité de police accusée de racketter la population, d'arrestations illégales, de torture et même de meurtre, ont été remplacés par des drapeaux nigérians ou des appels à la démission du président Buhari.

 

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