Nicolas Sarkozy est entré en campagne

Le centre sportif de Chateaurenard a rarement vu une telle foule. Ils se pressent, impatients de voir et surtout d'écouter ce que Nicolas Sarkozy a à leur dire. Sa candidature aux élections primaires de la droite est officielle depuis lundi, maintenant, ils veulent l'entendre. Choisir cette petite ville de 15 000 habitants pour un premier meeting est déjà un signal envoyé par l'ancien président. Ici, dans les Bouches-du-Rhône, mais aussi dans les départements voisins du Gard et du Vaucluse, le Front National est en plein essor.

Il arrive enfin dans la salle bondée et surchauffée. Sous les acclamations et les drapeaux tricolores.

Jamais je n'accepterai qu'il puisse y avoir des débats interdits

"Jamais je ne tolèrerai le mépris avec lequel on traite les français lorsqu'ils s'inquiètent pour leur sécurité, lorsqu'ils s'inquiètent pour la défense de nos valeurs, lorsqu'ils s'inquiètent pour le modèle qui est le nôtre. Jamais je n'accepterai qu'il puisse y avoir des débats interdits. Ceux que l'on aurait pas le droit d'avoir parce que ceux pour qui tout va bien préfèrent fermer les yeux sur la sécurité, sur l'assistanat, sur les charges, sur l'immigration, sur le communautarisme et sur l'identité de la France" scande Nicolas Sarkozy à la tribune.

Tous les thèmes de son programme sont là, de quoi séduire Linda, qui a mis des rubans bleu blanc rouge dans ses cheveux et qui, un chapelet autour du cou, déplore l'état dans lequel est son pays. "On a perdu les valeurs du respect, on a perdu les valeurs de la laïcité, on perdu les valeurs de la République. On se fait agresser, on se fait attaquer, on n'est plus en sécurité, on ne se sent plus du tout en sécurité. Moi je me sens très très mal en France"

Sarkozy surfe sur le sentiment de malaise général

Un sentiment général de malaise et d'insécurité qu'a bien compris le candidat Sarkozy. Il attaque la gauche et François Hollande ouvertement. "Je ne serai pas le candidat de l'eau tiède, je ne serai pas le candidat des demi-solutions." Nicolas Sarkozy ajoute devant 2000 militants déjà conquis " Votre quotidien, ils ne peuvent pas le comprendre. Il ne les intéresse pas. Ce ne sont pas eux, pas leurs familles qui ont peur dans les transports en commun ou quand ils rentrent dans leur quartier. Ce ne sont pas eux qui croulent sous les charges et qui se demandent à la fin du mois si le commerce va pouvoir continuer. Ce ne sont pas eux qui  se demandent s'ils pourront transmettre demain à leurs enfants le mode de vie que leurs parents leur ont transmis."

L'ancien président ajoutera encore qu'il veut être le président qui rétablira l'autorité de l'Etat sur chaque centimètre carré de la République.

Gérard qui habite à une soixantaine de kilomètres de là approuve. "C'est un homme que j'admire, qui est peut-être un peu autoritaire mais en France c'est ce qu'il faut. Il ne l'est même pas assez, il faudrait presque un dictateur pour l'instant en France".

Et pourtant des élections auront bien lieu. Au niveau de la droite d'abord, les 20 et 27 novembre si un second tour est nécessaire pour désigner un candidat. Puis les 23 avril et 7 mai pour les présidentielles. Nicolas Sarkozy pour sa part, est clairement entré en campagne.

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