Nicolas Sarkozy échappe à l'inculpation dans l'affaire Bettencourt

L'ancien président Nicolas Sarkozy arrive au palais de justice de Bordeaux pour être entendu dans l'affaire Bettencourt
L'ancien président Nicolas Sarkozy arrive au palais de justice de Bordeaux pour être entendu dans l'affaire Bettencourt - © AFP PHOTO JEAN-PIERRE MULLER

Nicolas Sarkozy a quitté vers 21H30 le tribunal de Bordeaux où il était entendu depuis jeudi matin à Bordeaux par les juges qui soupçonnent un possible financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007. Il est placé sous statut de témoin assisté et échappe à la mise en examen.

L'ancien président français, arrivé tôt le matin au palais de justice de Bordeaux, est reparti en voiture avec son avocat, sans faire de déclaration.
Nicolas Sarkozy risquait une mise en examen (inculpation) pour "abus de faiblesse" dans le cadre de l'affaire "Bettencourt" du nom de l'héritière du géant mondial de cosmétiques L'Oréal, Liliane Bettencourt, âgée de 90 ans et première fortune de France. Il n'a pas été inculpé mais a été placé sous statut de témoin assisté, un statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui d'inculpé.
C'est la seconde fois depuis le début de la Ve République en 1958 qu'un ancien chef d'Etat français est convoqué par un juge, après Jacques Chirac, condamné l'an dernier dans deux affaires d'emplois fictifs de la mairie de Paris.
Les juges cherchent à déterminer si l'argent de Liliane Bettencourt, affaiblie psychologiquement depuis septembre 2006, a pu servir dans des proportions dépassant largement les seuils légaux autorisés, et sans qu'elle ait donné un consentement éclairé, au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
L'affaire a été déclenchée par l'ex-comptable des Bettencourt qui avait déclaré à la police en juillet 2010 s'être vu réclamer 150 000 euros en liquide par l'ancien homme de confiance des Bettencourt, Patrice de Maistre, début 2007, celui-ci lui assurant, selon elle, vouloir les donner à Eric Woerth, alors trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy. Les juges voudront aussi demander à M. Sarkozy pourquoi il a paru surveiller de si près l'évolution du dossier Bettencourt et semblé notamment recevoir à huit reprises de 2008 à 2010 l'ex-procureur Philippe Courroye initialement en charge de cette affaire. 
Intérêt stratégique national ?
Patrice de Maistre a pour sa part déjà expliqué aux juges cet intérêt du président par l'aspect stratégique que représente pour l'économie française le groupe l'Oréal, qui pèse 62,5 milliards d'euros et dont le groupe suisse Nestlé est le deuxième actionnaire après les Bettencourt avec 30% des parts.
Une mise en examen aurait compromis un retour à court terme de Nicolas Sarkozy dans la vie politique si l'ancien président en avait l'envie. Depuis sa défaite en mai, il est resté muet sur ses intentions mais il reste de loin le candidat préféré des sympathisants de droite pour l'élection présidentielle de 2017.
Le naufrage de l'UMP
Ceux-ci ont de fait toutes les raisons d'être désespérés par les deux candidats à la succession de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP, Jean-François Copé et François Fillon, qui ont transformé l'élection dimanche dernier du nouveau président en un psychodrame à rebondissements.
Proclamé vainqueur à l'arraché, avec 98 voix d'avance sur 175 000 voix, Jean-François Copé a dit non jeudi à une médiation de l'ex-ministre des Affaires étrangères Alain Juppé pour arrêter la guerre sans merci qui l'oppose à François Fillon, qui conteste ce résultat.
Dans un nouveau rebondissement, François Fillon s'est dit prêt mercredi soir à renoncer se battre pour la présidence du parti, à condition que celle-ci soit assurée par une équipe provisoire dirigée par Alain Juppé. "Ce n'est pas à la bonne convenance de celui qui a perdu que l'on va décider de mettre à la place le président" qu'il souhaite, a répondu M. Copé, traitant l'ancien Premier ministre de "mauvais perdant qui vient donner des leçons de morale sans jamais se les appliquer à lui-même".
La presse française unanime se moquait jeudi de cette "tragi-comédie" comparée à un "sketch" avec "deux chiffonniers" engagés dans un "combat de catch".
 
AFP

 

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