Nicolas Sarkozy condamné : "À chaque fois que les règles sont bafouées, mon indignation et ma détermination sont décuplées"

L'ancien président français répond, ce mardi, dans une interview au Figaro.
L'ancien président français répond, ce mardi, dans une interview au Figaro. - © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT - AFP

Nicolas Sarkozy s’exprime au lendemain de sa condamnation pour corruption et trafic d’influence, lundi, par la justice française, à trois ans de prison dont un ferme, dans l’affaire des écoutes. L’ancien président français répond, ce mardi, dans une interview au Figaro, avant d’intervenir dans le journal de 20h de TF1 mercredi.

"À chaque fois que ces règles (le droit et la justice, NDLR) sont bafouées, comme c’est le cas dans cette affaire, mon indignation et ma détermination sont décuplées", a dit Nicolas Sarkozy.

Les deux co-accusés, l’ancien haut-magistrat Gilbert Azibert et l’avocat historique de l’ex-président, Thierry Herzog, ont été condamnés par le tribunal correctionnel à la même peine, avec cinq ans d’interdiction professionnelle pour ce dernier. Tous les trois ont interjeté appel. L’ancien chef de l’Etat a été reconnu coupable d’avoir promis d’aider un ancien magistrat, Gilbert Azibert, à obtenir un poste à Monaco en échange d’informations confidentielles au sujet d’une enquête sur des soupçons de versements illégaux qu’il aurait reçus de la milliardaire Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal, pour le financement de sa campagne électorale de 2007.

"Peut-être faudra-t-il que ce combat s’achève devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). Ce serait pour moi une souffrance que d’avoir à faire condamner mon propre pays, mais j’y suis prêt car ce serait le prix de la démocratie", explique encore l’ancien locataire de l’Elysée, de 2007 à 2012.

Des preuves, il n’y en a pas dans ce dossier

Dans l’interview au Figaro, il dit ressentir "une profonde injustice que personne ne pourrait admettre. Je ne peux en effet accepter d’avoir été condamné pour ce que je n’ai pas fait". Il ajoute : "On me condamne en me prêtant la pseudo-intention de commettre un délit qui serait démontré par des bribes de conversations téléphoniques sorties de leur contexte et mises bout à bout. Le jugement ne fait pas état de preuves, mais d’un 'faisceau d’indices'. J’affirme que pour condamner, dans un État de droit, il faut des preuves. Et des preuves, il n’y en a pas dans ce dossier".

Pour Nicolas Sarkozy, le jugement serait truffé d’incohérences. "Il est écrit noir sur blanc que je n’ai accompli aucune intervention à Monaco en faveur de Gilbert Azibert. Mais le tribunal estime dans le même temps que j’aurais utilisé les relations liées à mes anciennes fonctions de président de la République pour obtenir une faveur à Monaco. Il faudrait savoir : c’est soit l’un, soit l’autre !"

L’ancien président français ajoute par ailleurs avoir été "extrêmement touché, et le mot est faible, par les milliers de témoignages que j’ai reçus, les centaines d’appels qui m’ont été adressés et cela bien au-delà de ma famille politique".

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