Nicaragua : le responsable des droits de l'Homme à l'ONU évoque un "climat de peur"

Nicaragua : le responsable des droits de l'Homme à l'ONU évoque un "climat de peur"
Nicaragua : le responsable des droits de l'Homme à l'ONU évoque un "climat de peur" - © INTI OCON - AFP

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a appelé mercredi la communauté internationale à agir pour enrayer la crise au Nicaragua, plongé dans un "climat de peur" à la suite de la violente répression des manifestations.

"La répression et les représailles contre les manifestants se poursuivent au Nicaragua, alors que le monde regarde ailleurs", a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein dans un communiqué, à l'occasion de la publication d'un rapport.

"La violence et l'impunité de ces quatre derniers mois ont mis en évidence la fragilité des institutions du pays et de l'Etat de droit et ont créé un climat de peur et de méfiance", a-t-il ajouté.

Réforme de la sécurité sociale contestée

Les manifestations de l'opposition au Nicaragua, le pays le plus pauvre d'Amérique centrale, dirigé depuis 2006 par l'ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega, ont commencé en avril contre une réforme de la sécurité sociale -abandonnée depuis- pour se durcir ensuite et s'étendre à tout le pays en réaction à une répression qui a fait plus de 300 morts.

Parmi les violations des droits de l'Homme citées dans le rapport de l'ONU figurent "l'usage disproportionné de la force, qui se traduit parfois par des exécutions extrajudiciaires; des disparitions forcées; des détentions arbitraires généralisées; la torture et les mauvais traitements".

22 policiers tués

Le rapport note également que 22 policiers ont été tués et que des membres du parti sandiniste au pouvoir, des fonctionnaires et des membres des forces de sécurité ont été attaqués.

Le Haut-Commissariat a découpé la crise en plusieurs phases : "répression" des manifestations par la police et des éléments armés progouvernementaux, suivie d'une phase de "nettoyage" (de mi-juin à mi-juillet), pendant laquelle la police et les éléments armés progouvernementaux ont démantelé les barrages routiers et barricades.

Pour finir, les manifestants et autres opposants au gouvernement ont été "persécutés et criminalisés", selon l'ONU, qui note que les éléments armés ont agi avec l'accord des autorités de l'Etat et la direction de la police nationale.

Le gouvernement "tolère leur action et leur permet d'agir en toute impunité", a écrit le Haut-Commissariat dans le communiqué.

"J'exhorte le Conseil des droits de l'Homme et la communauté internationale en général à prendre des mesures concrètes pour éviter que la crise actuelle ne dégénère en troubles sociaux et politiques plus profonds", a lancé Zeid Ra'ad Al Hussein, évoquant, comme il l'avait déjà fait en juin, l'ouverture d'une enquête internationale.

Manifestation contre Daniel Ortega et son gouvernement, ce 26 août

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