Nicaragua: le père d'Amaya Coppens s'attend à un "jugement politique" contre sa fille

Nicaragua: le père d'Amaya Coppens s'attend à un "jugement politique" contre sa fille
Nicaragua: le père d'Amaya Coppens s'attend à un "jugement politique" contre sa fille - © Tous droits réservés

Au lendemain d'une visite à sa fille Amaya, incarcérée au Nicaragua depuis le 10 septembre, le Belge Frédéric Coppens ne se fait "plus guère d'illusions" sur le jugement attendu le 28 février: "le système judiciaire n'a aucune indépendance. Ce sera un jugement politique", pressent-il. "Amaya va bien. Sa santé, ça va. Mais les conditions de détention sont déplorables", rapporte-t-il.

Amaya Coppens a reçu lundi après-midi pendant 2h30 la visite de plusieurs membres de sa famille, dont ses parents. "Elle se trouve dans une cellule de 20m² qui compte dorénavant 17 prisonnières (moins une qui se trouve à l'hôpital)", décrit Frédéric Coppens, joint par téléphone.

"Les 767 prisonniers politiques du pays ne sortiront libres que quand le régime tombera", enchaîne-t-il, soucieux d'élargir son propos à l'ensemble des opposants réprimés par le régime de Daniel Ortega, comme le souhaite sa fille de 23 ans. "La situation doit se résoudre au niveau politique."

D'après le père de la jeune femme accusée de "terrorisme", aucune des prisonnières incarcérées à La Esperanza n'a le doit de voir son avocat. "Les droits de la défense sont complètement bafoués. Amaya a obtenu une visite de son avocat pendant 20 minutes en cinq mois grâce aux pressions consulaires. Mais elle n'a jamais eu accès à son dossier et sait seulement approximativement ce qu'on lui reproche."

La famille ne pourra vraisemblablement pas assister aux audiences des 27 et 28 février. Tout au plus pourra-t-elle croiser Amaya 5 minutes "le temps d'une embrassade", explique encore M. Coppens.

L'étudiante, Nicaraguayenne de par sa mère, est notamment accusée d'avoir érigé des barricades et d'avoir incendié un bâtiment de l'université lors des manifestations dans la ville de Leon (ouest), où elle étudie la médecine.

Les violences politiques au Nicaragua ont fait l'année dernière plus de 325 morts, pour la plupart dans les rangs de l'opposition, selon les organisations de défense des droits de l'homme. Plus de 700 opposants ont été jetés en prison et encourent de lourdes peines, notamment sous l'accusation de terrorisme.

Archives: Journal télévisé 11/09/2018

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