Nicaragua: Amaya Coppens dénonce des intimidations incessantes depuis sa libération

Nicaragua: Amaya Coppens dénonce des intimidations incessantes depuis sa libération
Nicaragua: Amaya Coppens dénonce des intimidations incessantes depuis sa libération - © INTI OCON - AFP

L'étudiante belgo-nicaraguayenne Amaya Coppens est apparue jeudi dans plusieurs médias nicaraguayens pour dénoncer les "attaques incessantes" dont elle et sa famille sont victimes depuis sa libération le 30 décembre, en même temps que 90 autres prisonniers politiques. La figure du mouvement de contestation contre le régime de Daniel Ortega signale notamment des actes de vandalisme contre son domicile et des coups de feu.

La façade de la maison des Coppens à Esteli, dans le nord-est du pays, a ainsi été maculée d'huile de moteur. "Depuis mon retour, des coups de feu tirés en l'air et des tirs de mortier retentissent toutes les nuits. Les fenêtres ont été la cible de jets de pierre et ma famille a été harcelée, mon frère battu sauvagement", énumère l'étudiante en médecine, accusée de "terrorisme" pour avoir participé au mouvement de contestation contre le président Daniel Ortega.

"Depuis le premier jour, un paramilitaire nous filme, le visage dissimulé", ajoute-t-elle auprès d'un journaliste du quotidien La Prensa. "Ce sont des menaces constantes (...) avec l'approbation et la protection évidente de la police." Les auteurs des actes décrits n'ont pas été identifiés.

L'opposante de 25 ans ajoute qu'elle n'est pas la seule à avoir été menacée à son domicile par la police: d'autres militants ont vu leur maison brûlée et leur famille agressée.

Lundi, le régime nicaraguayen a autorisé 91 détenus, dont Amaya Coppens, à rentrer chez eux. La Belgo-nicaraguayenne avait été arrêtée le 14 novembre avec 13 autres personnes alors que le groupe tentait d'apporter de l'eau à des femmes en grève de la faim. Celles-ci demandaient la libération "de tous les prisonniers politiques".

Au pouvoir depuis près de 13 ans, Daniel Ortega est accusé par l'opposition d'être un dictateur corrompu. La répression des manifestations réclamant son départ en 2018 a fait au moins 328 morts, abouti à des centaines d'incarcérations, et poussé à l'exil environ 88.000 personnes, selon la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH).

"La vice-présidente (Rosario Murillo, l'épouse de Daniel Ortega, NDLR) tient un discours de paix, affirmant que nous avons été libérés pour améliorer la situation", mais l'étudiante y voit plutôt une tentative du régime de redorer son image internationale. Mi-décembre, le Parlement européen notamment avait réclamé aux autorités du Nicaragua la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement. "Envoyer les paramilitaires, c'est une manière pour le régime de nous dire que, même hors de prison, nous ne sommes ni libres, ni en sécurité", conclut-elle.

 

Nicaragua: Libération d'Amaya Coppens le 30/12