Nicaragua: la Belge Amaya Coppens a été libérée

Nicaragua: Amaya Coppens a été libérée
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Nicaragua: Amaya Coppens a été libérée - © La Prensa

Une centaine de prisonniers politiques ont été libérés ce lundi et mardi au Nicaragua, et parmi eux: la Belgo-nicaraguayenne Amaya Coppens. Elle vient d'arriver chez elle, à Estelì, à une centaine de kilomètres au nord de Managua, la capitale. A son arrivée, elle a déclaré qu'elle allait "continuer à travailler jusqu'à ce qu'ils s'en aillent. Nous continuerons à exiger la justice et la démocratie. Nous n'oublions pas ceux qui sont morts."

Amaya Coppens, 23 ans, était emprisonnée au Nicaragua depuis le 10 septembre 2018, pour avoir, selon les autorités locales, commis des "actes terroristes" à l'instar d'autres militants étudiants. Née à Bruxelles de mère nicaraguayenne et de père belge, élevée au Nicaragua, elle se voit accusée d'être parmi les meneurs qui ont érigé des barricades et incendié un bâtiment de l'université lors de manifestations contre le gouvernement de Daniel Ortega, dans la ville de Leon (ouest du pays), où elle était étudiante en 5ème année de médecine. Membre du Mouvement du 19 avril, elle a été interpellée avec d'autres étudiants, lors d'opérations de police où des armes auraient été saisies. 

Loi d'amnistie

C'est le gouvernement qui a annoncé ces libérations, en expliquant qu'elles intervenaient en vertu d'une loi d'amnistie. Une loi décriée par l'opposition, qui y voit une manière de couvrir les exactions des forces de répression.

"En application de la loi d'amnistie approuvée (samedi) par l'Assemblée nationale (...) ont été libérées 50 personnes (détenues) pour délits contre la sécurité et la tranquillité publiques, et la libération de prisonniers pour ces délits est en préparation", a annoncé le gouvernement du président Daniel Ortega dans un communiqué.

Parmi les prisonniers libérés figurent des personnalités de l'opposition, comme les journalistes Marlon Powell et Hansel Vazquez. Karla Vanessa Matus Méndez, 21 ans, connue sous le nom de "La Flaca" (la maigre) fait aussi partie des personnes libérées. Elle partageait sa cellule avec Amaya Coppens. Dans un premier temps, c'est elle seule qui a été libérée. Sur le site de laprensa.com, elle déclare qu'il lui a été difficile de décider de quitter la prison, car elle ne voulait pas laisser seule sa partenaire de combat, Amaya Coppens, avec qui elle a partagé sa cellule pendant six mois.

"Nous allons continuer à informer", a déclaré à sa sortie Lucia Pineda, directrice de l'information de la chaîne 100% Noticias, emprisonnée depuis fin décembre. 

Arrêtés pour avoir manifesté

Les prisonniers libérés font partie de plusieurs centaines d'opposants arrêtés pour leur participation aux manifestations anti-gouvernementales du printemps et de l'été 2018. Les manifestants, qui avaient commencé le 18 avril à protester contre une réforme de la sécurité sociale ensuite abandonnée, avaient rapidement réclamé le départ de Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007, et des élections anticipées.

Les manifestations ont été durement réprimées et les violences ont fait au moins 325 morts et 2.000 blessés, pour leur écrasante majorité parmi les opposants, selon des organisations humanitaires. Selon les groupes d'opposition, entre 600 et 800 opposants ont été emprisonnés et plus de 62.000 Nicaraguayens se sont exilés.

Situation d'extrême gravité

Il y a deux semaines, la Cour interaméricaine des droits de l'Homme avait demandé au gouvernement du Nicaragua de prendre des mesures pour protéger l'intégrité physique et la santé de 17 opposants emprisonnés pour avoir participé à des manifestations contre le président Daniel Ortega. 

"Il y a suffisamment d'éléments concordants pour affirmer l'existence d'une situation d'extrême gravité, et en conséquence, la nécessité urgente de prendre des mesures pour éviter des dommages irréparables aux droits à la santé, à la vie et à l'intégrité personnelle" des 17 prisonniers, a déclaré Eduardo Ferrer, le président de la Cour interaméricaine des droits de l'Homme, qui dépend de l'Organisation des Etats américains (OEA) et dont le siège est à San José.

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