New York: les analyses ADN ont repris sur les ruines du World Trade Center

New York : les recherches ont repris sur les ruines du World Trade Center
New York : les recherches ont repris sur les ruines du World Trade Center - © RTBF

40% des victimes du WTC n'ont jamais été identifiées. Les laboratoires scientifiques viennent de relancer une vaste campagne d'analyses génétiques. Des milliers de restes humains pourraient peut-être enfin être reliés à l'identité des victimes. Les parents de Patrice Braut, le seul belge disparu lors des attentats il y a 11 ans, témoignent de leur dernier espoir.

Les analyses ADN ont repris ce lundi 1er avril à New York City.  450 mètres cubes de gravats qui contiennent encore des restes humains (l'équivalent de 60 camions), seront passés au crible. Car sur 2750 victimes, 1600 personnes n'ont jamais été identifiées.

C'est le cas de Patrice Braut, le seul Belge présent dans les tours jumelles le 11 septembre 2001. Ses parents viennent de recevoir un courrier leur annonçant la reprise des analyses génétiques.

Les progrès de la science

En dix ans, la médecine légale a progressé et les traces muettes d’hier pourraient aujourd'hui révéler leurs secrets. "L’espoir nous fait vivre", témoigne Paola Braut, la mère de Patrice. "Sur 40% de restes humains, on espère toujours qu’un petit grain de poussière révèlera le corps de Patrice". Voilà onze ans que ses parents espèrent une identification claire. Ils ont enchaînés les voyages à New York, ont rencontré les légistes et visité ces chambres froides où des milliers de fragments de corps ont été minutieusement conservés. Michel Braut, le papa de Patrice, explique qu’à l’époque, ils ont donné leur ADN aux légistes, puis quelques années plus tard, ils ont retrouvé et fait parvenir une dent de lait de leur fils. "De cette manière, ils ont son propre ADN, voilà qui pourra peut-être faire avancer les recherches".

Patrice était bien au bureau le 11 septembre 2001

Paola et Michel Braut ont eu la confirmation que Patrice s'est bel et bien présenté le 11 septembre 2001 à son bureau de la tour Nord du WTC, celle qui a été frappée par le premier avion. "L’avion s’est écrasé au 94ème étage et Patrice se trouvait au 97ème. Quand on voit l’envergure de l’avion, on a compris tout de suite", témoigne Michel Braut.

L’espoir d’un apaisement

Les Braut ont été convoqués sur les sites où sont conservés les objets personnels des victimes des attentats mais rien de ce qui a appartenu à leur fils ne leur a jamais été présenté. "C'est notre enfant unique et nous avons déjà un certain âge. Imaginer qu’on puisse l’identifier lorsque nous ne serons plus là me hante. Si on pouvait le ramener auprès de nous, cela nous apaiserait, mais nous ne pourrons jamais faire notre deuil", témoigne Paola.

Rien ne dit que ces nouvelles analyses ADN apporteront à Paola et Michel ce qu'ils attendent depuis tant d'années.  Mais les autorités new-yorkaises se disent déterminées à poursuivre les recherches génétiques. Les fouilles de ces 450 mètres cubes de gravats devraient durer dix semaines.

I.L. avec Régis De Rath

 

 

 

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