Neuf soldats tués en Libye dans l'attaque d'un camp revendiquée par Daech

Les Libyens demandaient la fin de l'escalade militaire dans une manifestation de protestation contre le maréchal Khalifa Haftar, place des Martyrs à Tripoli, ce vendredi 3 mai 2019.
Les Libyens demandaient la fin de l'escalade militaire dans une manifestation de protestation contre le maréchal Khalifa Haftar, place des Martyrs à Tripoli, ce vendredi 3 mai 2019. - © AFP

Neuf personnes ont été tuées samedi dans une attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) contre une caserne dans le sud de la Libye tenue par des forces favorables au maréchal Khalifa Haftar, selon des sources concordantes.

« Le siège du centre de formation (militaire) à Sebha a été la cible d’une attaque terroriste à l’aube menée par des éléments de l’EI, soutenus par des groupes criminels et des mercenaires », a déclaré à l’AFP le maire de la ville, Hamed al-Khayali.

« L’attaque a fait neuf morts, […] dont certains ont été égorgés et d’autres tués par balles », selon lui. Un porte-parole du Centre médical de Sebha (CMS), Oussama al-Wafi, a confirmé ce bilan à l’AFP.

L’attaque a été revendiquée par l’Etat Islamique dans un communiqué sur la messagerie Telegram. « Les soldats du califat ont attaqué le siège du commandement de la région militaire de Sebha sous le contrôle des milices hérétiques de Haftar. Tous les prisonniers séquestrés sur la base ont été libérés ».

Affrontements à Tripoli

Sebha, chef-lieu de la province sud de la Libye situé à 650 km de Tripoli, est contrôlée par l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est qui avait lancé en janvier une opération pour « purger le Sud des groupes terroristes et criminels ». L’ANL s’était emparée sans combats de Sebha après avoir obtenu le ralliement de tribus locales.

Le maréchal Haftar a ensuite lancé une offensive le 4 avril pour conquérir Tripoli, siège du gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale. Les forces loyales au GNA et celles de l’ANL s’affrontent dans la banlieue sud de la capitale ainsi qu’au sud de la capitale libyenne. L’ANL n’a pas commenté l’attaque de l’EI.

Dans un communiqué, le GNA l’a lui « condamnée » et fait porter à « Haftar la responsabilité directe de la reprise des activités terroristes de l’EI […] alors que le GNA avait réussi à anéantir cette organisation ».

Le GNA et les milices qui lui sont alliées avaient chassé en décembre 2016 l’EI de Syrte, principal bastion jihadiste en Libye situé à 450 kilomètres à l’est de Tripoli. « Dès l’offensive contre Tripoli, nous avons prévenu que les seuls bénéficiaires de cette attaque sont les groupes terroristes et que cela leur offrira un terrain fertile pour reprendre leur activité », a ajouté le GNA. « A cause de son imprudence, de sa soif illimitée de pouvoir et de son mépris pour la vie des Libyens, il (Haftar) a créé le désordre dans tout le pays », a-t-il encore affirmé.

Ennemi commun

La mission de soutien de l’ONU en Libye (UNSMIL) a également condamné dans un communiqué l’attaque de l’EI, qui constitue « un rappel fort à tous les Libyens, et à la communauté internationale, que les groupes terroristes exploiteront toute opportunité, y compris les combats actuels à Tripoli, pour étendre leur présence en Libye ».

Elle « exhorte toutes les parties à éviter l’escalade militaire et à concentrer leurs efforts sur le combat contre cet ennemi commun ».

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