Neuf indépendantistes catalans condamnés à des peines de 9 à 13 ans de prison

La Cour suprême espagnole a condamné lundi neuf des 12 Catalans jugés pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017 à des peines allant de 9 à 13 ans de prison pour sédition et détournement de fonds publics.

Dirigeant du parti Gauche républicaine de Catalogne (ERC), l’ancien vice-président du gouvernement régional, Oriol Junqueras, 50 ans, est condamné à 13 ans de prison et d’inéligibilité, pour "sédition (et) détournement de fonds publics". Le parquet avait requis 25 ans de prison pour rébellion et détournement de fonds ; les avocats chargés de représenter l’Etat 12 ans de prison pour sédition et détournement de fonds. Ministre régional de l’Economie, Oriol Junqueras avait notamment été chargé par le président catalan Carles Puigdemont de préparer le référendum interdit du 1er octobre 2017.

Trois anciens ministres régionaux – Jordi Turull, 53 ans, Raül Romeva, 48 ans, Dolors Bassa, 60 ans – sont condamnés à 12 ans de prison et d’inéligibilité pour sédition et détournement de fonds publics. Deux autres ministres – Josep Rull, 51 ans, Joaquim Forn, 55 ans – sont condamnés à 10 ans et demi de prison et d’inéligibilité pour sédition. Le parquet réclamait 16 ans de prison, les avocats de l’Etat 11,5.

La Cour a infligé 11 ans et six mois d’emprisonnement et d’inéligibilité à Carme Forcadell, 64 ans, pour "sédition". Le parquet réclamait 17 ans, les avocats de l’Etat 10. Comme présidente du parlement régional, elle avait ignoré les avertissements de la justice pour faire voter les lois qui préparaient le référendum interdit et la sécession.

Les dirigeants des deux associations indépendantistes ayant organisé des manifestations massives sont condamnés pour "sédition" à neuf ans de prison et d’inéligibilité : le président au moment des faits de l’Assemblée nationale catalane (ANC), Jordi Sanchez, 55 ans, et le président d’Omnium Cultural, Jordi Cuixart, 44 ans. Le parquet réclamait 17 ans, les avocats de l’Etat huit. "Les deux Jordi" avaient été placés en détention provisoire dès le 16 octobre 2017 pour avoir appelé à une manifestation devant un bâtiment public perquisitionné, d’où des policiers n’avaient pu sortir.

Trois autres ministres – les seuls qui étaient en liberté conditionnelle – sont condamnés pour "désobéissance" à une amende de 60.000 euros et 20 mois d’inéligibilité. Parquet et avocats de l’Etat avaient requis sept ans de prison contre Santi Vila, 46 ans, qui avait quitté le gouvernement catalan la veille de la déclaration d’indépendance, Carles Mundo, 43 ans et Meritxell Borras, 55 ans.

Oriol Junqueras, principal indépendantiste catalan condamné lundi par la Cour suprême espagnole, a assuré qu’en dépit des lourdes peines infligées, le mouvement séparatiste reviendrait "encore plus fort". "À ceux dont la seule volonté est de faire du mal, nous leur disons que rien n’est terminé aujourd’hui, vous n’avez ni vaincu ni convaincu. Nous reviendrons et nous reviendrons encore plus forts […] N’ayez aucun doute, nous reviendrons et nous gagnerons", promet-il dans une lettre à ses partisans écrite depuis sa prison et publiée par son parti Gauche Républicaine de Catalogne (ERC).

Archives : Journal télévisé du 12 février 2019

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