Netanyahu accueille son allié brésilien Bolsonaro à quelques jours d'élections clé

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en quête d'un cinquième mandat lors des législatives du 9 avril, a accueilli dimanche son allié, le président brésilien Jair Bolsonaro pour une visite d'Etat.

Jair Bolsonaro a été accueilli à son arrivée à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv par M. Netanyahu qui a été l'un des rares dirigeants de premier plan à avoir fait le déplacement à Brasilia début janvier pour l'investiture du président brésilien d'extrême- droite. M. Netanyahu avait alors salué une "nouvelle fraternité" entre les deux pays.

"Nous écrivons l’histoire ensemble", a déclaré dimanche le Premier ministre israélien. "Nous avons ouvert une nouvelle ère dans les relations entre nos deux pays", a-t-il ajouté.

M. Bolsonaro a lui affirmé que son gouvernement "était fermement résolu à renforcer le partenariat entre le Brésil et Israël".

"La coopération dans les domaines de la sécurité et de la défense est d'un grand intérêt pour le Brésil", a poursuivi le président.

Pour Benjamin Netanyahu, la visite officielle de Jair Bolsonaro, qui doit durer trois jours, arrive à point nommé: en pleine campagne électorale pour les législatives du 9 avril, il pourra se vanter du soutien du président de la plus grande puissance d'Amérique latine.

Le Premier ministre israélien vient de remporter une victoire de taille sur le plan diplomatique, avec la reconnaissance du président américain Donald Trump de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, conquis à la Syrie en 1967 puis annexé en 1981.

M. Netanyahu pourrait se vanter d'un nouveau soutien fort lors de cette visite du président brésilien: au lendemain de son élection fin octobre, M. Bolsonaro avait annoncé son intention de transférer l'ambassade du Brésil de Tel-Aviv à Jérusalem, même s'il s'est montré plus prudent à ce sujet par la suite.

Flatter son électorat

Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien. Israël occupe Jérusalem-Est depuis la guerre de 1967 et a par la suite procédé à son annexion, jamais reconnue par la communauté internationale.

Israël considère toute la ville comme sa capitale, alors que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

La plupart des ambassades étrangères sont situées à Tel-Aviv pour ne pas préempter le résultat de négociations entre Israéliens et Palestiniens.

En transférant l'ambassade brésilienne, Jair Bolsonaro marcherait dans les pas de Donald Trump qui a déplacé l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem en mai dernier.

Le président brésilien cherche à flatter son électorat évangélique, très attaché à Israël et qui a fortement contribué à sa victoire lors du scrutin d'octobre.

Il a toutefois tempéré ses ardeurs depuis, son autre soutien de poids, le lobby de l'agro-négoce, craignant des représailles de pays arabes, car le Brésil est le premier exportateur au monde de viande halal.

Jair Bolsonaro s'est donc pour l'instant abstenu de donner un calendrier précis. "Donald Trump a pris neuf mois pour décider, pour donner son dernier mot au sujet du transfert de l'ambassade" américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, a-t-il souligné jeudi lors d'une cérémonie militaire à Brasilia.

"Peut-être que nous installerons prochainement une mission économique à Jérusalem", a-t-il ajouté.

Geste controversé

Les deux hommes doivent se voir dimanche soir afin de signer des accords avant de dîner ensemble.

Le lendemain, M. Bolsonaro a prévu de se rendre en compagnie du Premier ministre israélien au Mur des Lamentations à Jérusalem, un geste controversé.

Le site de prière le plus sacré pour les juifs est situé dans la vieille ville de Jérusalem, à Jérusalem-Est. S'y rendre avec le chef du gouvernement israélien pourrait apparaître comme une reconnaissance tacite de l'annexion israélienne de cette partie de la ville.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est devenu, lors de sa visite à Jérusalem ce mois-ci, le premier responsable américain d'un tel niveau à se rendre au Mur des Lamentations en compagnie d'un Premier ministre israélien.

M. Netanyahu, 69 ans dont près de 13 années passées au pouvoir, est engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection face à son principal rival, un ancien chef de l'armée israélienne, Benny Gantz. Il est aussi menacé de mise en examen dans plusieurs affaires de corruption.

Avec un récent voyage aux Etats-Unis où il a rencontré le président américain, puis la visite en Israël de Mike Pompeo puis du président brésilien, M. Netanyahu cherche à se présenter en homme d'Etat qui défend la position d'Israël sur la scène internationale en vue de sa réélection.

Mais ses gains auprès des dirigeants internationaux ont été quelque peu éclipsés ces derniers jours par une nouvelle escalade de violences dans la bande de Gaza, qui a contraint M. Netanyahu à écourter son séjour aux Etats-Unis la semaine dernière, tout en essayant d'éviter une guerre à un peu plus d'une semaine des élections.

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