Naufrage de Lampedusa: tortures, viols, les immigrés ont vécu un cauchemar

Viols et tortures: les immigrés de Lampedusa accusent (illustration)
Viols et tortures: les immigrés de Lampedusa accusent (illustration) - © FILIPPO MONTEFORTE - IMAGEGLOBE

Des hommes torturés, des femmes violées et battues: la police italienne poursuit son enquête sur les conditions de vie des africains qui ont voulu traverser la Méditérrannée début octobre. 336 personnes au moins sont mortes dans le naufrage du bateau, un homme soupçonné d'être l'organisateur de ce voyage a été arrêté, les survivants sont entendus par la justice italienne, et ce qu'ils racontent rappelle les pires moments de l'histoire humaine, explique le procureur de la République.

C'est  le témoignage de plusieurs rescapés entendus par la police italienne, un groupe de 130 réfugiés tentaient en traversant le désert de rejoindre le nord de la Libye. Ils venaient d'Erythrée. Ils ont croisé la route d'une cinquantaine d'hommes, somaliens et soudanais qui ont emmené les réfugiés dans une sorte de camp en Libye.

Les hommes ont été frappés, brûlés à l'électricité selon le récit des survivants, les femmes ont été violées, parfois offertes à des libyens de passage. La nourriture était rationnée, une poignée de riz tous les 3 jours explique le responsable italien de l'enquête qui évoque des esclaves.

Tous ont été rackettés et ont du payer 2600 euros pour être emmenés à Tripoli où ils ont été pris en charge par un autre passeur. En échange de 1500 euros, ils ont pu embarquer sur un bateau de pêche qui s'est retourné à quelques centaines de mètres de l'île de Lampedusa. Il est très rare que des enquêtes de police s'intéressent à ce qui s'est passé avant le départ vers l'Europe.

Mais l'organisateur de ce réseau a voulu fin octobre faire lui aussi le voyage vers l'Europe. Il a atterri dans le camp de Lampedusa, reconnu par certains rescapés, il a failli être lynché. C'est ce qui a poussé les policiers à arrêter ce passeur et à lancer une enquête de grande ampleur. L'homme risque 30 ans de prison.

A. Blanpain

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