Naufrage dans la Manche: un migrant retrouvé mort, le bilan pourrait s'alourdir

Port de Dunkerque (photo d'illustration)
Port de Dunkerque (photo d'illustration) - © KURT DESPLENTER - BELGA

Nouveau drame dans la Manche: au moins un homme s'est noyé mardi dans le naufrage d'un bateau de migrants en route vers les côtes anglaises, portant à quatre le nombre des décès dans ces eaux pour 2020 mais le bilan pourrait s'alourdir, avec trois rescapés en arrêt cardio-respiratoire. 

Deux enfants d'approximativement 5 et 8 ans figurent parmi les rescapés inanimés et, selon les témoignages des migrants, "il manquerait une personne qui pourrait être un nourrisson", a indiqué le sous-préfet Hervé Tourmente.

Les autres rescapés, 14 hommes, femmes et enfants, de nationalité iranienne selon les premiers éléments, "sont en état d'hypothermie" dont un cas grave.

L'embarcation, apparemment un bateau de pêche-promenade, a été signalée en train de se retourner et de couler vers 9H30 par un plaisancier anglais, déclenchant une vaste opération de recherches qui se poursuivait en début d'après-midi avec six embarcations et trois moyens aériens mobilisés. 

Les autorités tentent de "récupérer le maximum de personnes" alors que le nombre exact de passagers n'est pas encore certain, entre 19 et 20, a indiqué le préfet, précisant que les  conditions météo pour cette traversée "n'étaient pas favorables du tout". 

Une enquête a été ouverte et confiée à la Police des frontières, pour des qualificatifs d'homicide et blessures involontaires, a précisé le parquet.

Traversée meurtrière

Il s'agit du quatrième migrant décédé lors d'une traversée illégale de la Manche depuis le début de l'année 2020, selon les chiffres communiqués par les autorités, après quatre décès enregistrés en 2019. 

Le 18 octobre, un homme avait été retrouvé mort sur une plage de Sangatte, vêtu d'un gilet de sauvetage.

Deux mois plus tôt, un autre homme de 28 ans, selon les papiers d'identité découverts dans ses affaires, avait lui aussi été découvert à Sangatte après le naufrage de son embarcation de fortune, au cours d'une nuit durant laquelle une cinquantaine de migrants avaient été ramenés sur les côtes françaises. 

"Un autre homme est décédé en mai 2020, retrouvé dans le port de Calais près de l'écluse Carnot", a précisé mardi la préfecture du Pas-de-Calais.

La trentaine de kilomètres qui séparent la Côte d'Opale française des falaises calcaires de Douvres, visibles par temps clair sur la côte britannique, sont réputés comme l'une des voies maritimes les plus fréquentées et dangereuses au monde.

Pourtant, depuis 2018, les tentatives de traversée se multiplient. Entre le 1er janvier et le 31 août, 6.200 migrants - selon la préfecture maritime française de la Manche et de la mer du Nord - ont tenté leur chance, sur un bateau pneumatique pour les plus aisés, un paddle, un kayak ou une simple bouée pour les autres.

En 2019, 2358 personnes tentant la traversée ont été secourues puis ramenées sur les côtes françaises ou britanniques, contre 586 en 2018. 

La première à périr dans ces eaux a vraisemblablement été Mitra M., Iranienne de 31 ans, titulaire d'un master de psychologie, qui avait embarqué le 9 août 2019 sur un bateau pneumatique aux côtés de 19 migrants irakiens et iraniens, dont sept mineurs.

Au cours de l'été 2019, un Irakien a également été retrouvé mort au large de Zeebruges après avoir tenté une traversée à la nage tandis que deux autres hommes, des Irakiens eux aussi, ont été retrouvés décédés sur une plage au Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais).

Dans l'attente d'un passage, les candidats continuent d'affluer à Calais et Grande-Synthe où ils s'installent dans des campements de fortune, régulièrement évacués par les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais pour une "mise à l'abri".

Fin septembre, les forces de l'ordre ont démantelé un immense campement près de l'hôpital de Calais où vivaient quelque 800 personnes, après une autre opération importante le 10 juillet.
 
 

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