"Hécatombe" redoutée en Méditerranée après le naufrage d'un bateau de migrants

"Hécatombe" redoutée en Méditerranée après le naufrage d'un bateau de migrants
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"Hécatombe" redoutée en Méditerranée après le naufrage d'un bateau de migrants - © BELGAIMAGE

Un chalutier transportant environ 700 migrants aurait fait naufrage en mer Méditerranée, apprend-on dimanche. Le naufrage pourrait avoir fait jusqu'à 700 morts, a annoncé dimanche le Haut-commissariat aux Nations unies pour les réfugiés (HCR). L'Union européenne a annoncé la tenue prochaine d'une réunion d'urgence pour prendre mes mesures.

Dimanche soir vers 22h00 (20h00 GMT), le bilan officiel de ce naufrage, survenu dans la nuit de samedi à dimanche dans les eaux libyennes, était de 24 morts et 28 rescapés, ont annoncé les garde-côtes italiens, qui coordonnent les secours.

Mais il risque d'être beaucoup plus lourd à mesure que le temps passe. Des survivants, cités par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), ont fait état de la présence de 700 personnes à bord du bateau. Le parquet de Catane (Sicile) a indiqué de son côté dimanche soir qu'un de ces 28 survivants, qu'elle a pu interroger, avait mentionné la présence de 950 personnes à bord du chalutier, dont une cinquantaine d'enfants et quelque 200 femmes.

Originaire du Bangladesh, et transporté à l'hôpital de Catane, il a affirmé que les trafiquants avaient enfermé une grande partie des migrants dans les cales sans possibilité pour eux de s'échapper, selon un communiqué du parquet de cette même ville.

Les garde-côtes italiens, qui coordonnent les secours, ne confirment aucun de ces chiffres, mais précisent que ce chalutier de 20 mètres de long "a la capacité de transporter plusieurs centaines de personnes".

L'Union européenne (UE), sommée d'en faire plus depuis des jours et à chaque nouveau drame, a annoncé qu'elle allait réunir ses ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur pour prendre des mesures et qu'elle envisageait un sommet extraordinaire.

"Je vais poursuivre les discussions avec les dirigeants européens, la Commission et le service diplomatique de l'UE sur la façon de remédier à la situation", a écrit sur son compte Twitter le président du Conseil européen, Donald Tusk, qui, a précisé son porte-parole à l'AFP, prendra "une décision sur la possible organisation d'un sommet extraordinaire, après ces consultations".

Importante opération de secours

Dans la nuit de samedi à dimanche, le chalutier a lancé un appel au secours reçu par les garde-côtes italiens, qui ont aussitôt demandé à un cargo portugais de se dérouter. A son arrivée sur place, à environ 120 milles (220 km) au sud de l'île italienne de Lampedusa, l'équipage du cargo a vu le chalutier chavirer. C'est probablement quand les centaines de migrants se sont précipités du même côté en voyant le cargo que le drame s'est produit, ont indiqué les garde-côtes italiens dans un communiqué.

Une importante opération de secours a été mise en œuvre, avec le concours de quelque 18 navires des marines italienne et maltaise notamment, dès réception de l'alerte vers minuit (22H00 GMT).

Chaque jour, entre 500 et 1000 personnes sont récupérées par les garde-côtes italiens ou des navires marchands. Plus de 11 000 l'ont été en une seule semaine, selon les garde-côtes.

Plusieurs organisations internationales et humanitaires ont dénoncé l'incurie de l'UE. "Il faut une opération Mare nostrum européenne", a ainsi réclamé le HCR. L'opération italienne Mare nostrum de sauvetage des migrants a été remplacée cette année par Triton, une opération de surveillance des frontières beaucoup plus modeste.

Sans tenir compte de cette nouvelle tragédie, plus de 900 migrants ont perdu la vie depuis le début de l'année en effectuant la traversée entre la Libye et l'Italie, contre moins de 50 sur la même période l'année dernière, quand Mare nostrum était encore en place, ont relevé cette semaine les organisations humanitaires.

Originaires essentiellement d'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, en particulier de Syrie, ces migrants s'efforcent de gagner l'Europe en traversant la Méditerranée sur des radeaux de fortune ou des bateaux surchargés.

Un drame prévisible

Ces drames se succèdent depuis le début de l'année : les migrants sont de plus en plus nombreux à tenter l'aventure. Dimanche dernier, un bateau avait fait naufrage. 150 personnes ont pu être sauvées, mais 400 ont disparu.

L'an dernier, on a estimé à 3500 le nombre de noyés en Méditerranée, pour 170 000 arrivés sur les cotes italiennes. Cette année, le HCR redoute déjà 1500 victimes.

Le chaos libyen où il y a deux pouvoirs rivaux que l'ONU tente de réconcilier avec des pourparlers au Maroc,deux parlements, mais une quantité de groupes armés, dont certains sont des islamistes venus d'Afrique subsaharienne. Ces migrants sont détenus dans des centres non équipés et certains racontent que des miliaires libyens les poussent à monter dans les bateaux, même non fiables ou surpeuplés. Ces migrants sont personna non grata, en Libye comme en Europe.

Pourtant, on ne peut pas les laisser se noyer. Le pape François a appelé dimanche la communauté internationale à "agir avec décision et rapidité" face à la multiplication des tragédies en Méditerranée.

Les migrants sont "des hommes et des femmes comme nous", a déclaré le souverain pontife devant des milliers de fidèles place Saint-Pierre, lançant un nouvel appel à la communauté internationale afin qu'elle "agisse avec décision et rapidité pour éviter que les tragédies ne se répètent".

Le pape mais aussi l'Italie demandent une solution européenne plus ambitieuse que la simple opération Triton de surveillance de la mer et des frontières, avec son budget mensuel de 3 millions d'euros.

RTBF avec Belga

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