Nadia Salah: "L'appauvrissement de l'enseignement au Maroc est un problème"

Il y a 20 ans jour pour jour, Mohammed VI succédait à son père, Hassan II, à la tête du Maroc. Quelle est la situation du pays? Nadia Salah, directrice des opérations du groupe de presse marocain L’Économiste à Casablanca, est l'invitée du Plus de Matin Première. 

Depuis l'indépendance du pays en 1956, trois rois se sont succédés : Mohammed V, Hassan II et Mohammed VI. "Il y a une certaine sacralité autour des trois rois", commente-t-elle. Selon Nadia Salah, ils ont tous les trois une personnalité: "Mohammed V était le roi de la reconstruction politique. Hassan II a été le roi de la construction physique du royaume: il a fait des routes, des ports, de l’infrastructure du pays. Mohammed VI, est le roi de la construction immatérielle. Il s’intéresse beaucoup à la fabrication des musées, d’une culture, de toute une couche d’artistes et d’intellectuels, etc."

Mohammed VI, également appelé M6, est obligé de reconstruire l’islam à la suite des explosions quatre ans après son début de règne, en 2003. Ces attaques ont provoquée une quarantaine de morts à Casablanca, alors que le Maroc se croyait à l’abri de ce genre d'événements.

La santé, la justice, l'enseignement en grande difficulté

Nadia Salah déplore la baisse de qualité de l'enseignement dans son pays : "L’appauvrissement de l’enseignement au Maroc et la pénétration de l’islam dans l’enseignement au Maroc, ce qu’on n’avait pas avant, font qu’on abaisse le niveau. Et quand on abaisse le niveau des enfants en 1970, on abaisse le niveau des enseignants en 2000, et ainsi de suite."

Elle ajoute qu'il n'y a que ce domaine qui est touché : "On a donc des pertes accumulées et si on regarde tout ce qui repose sur l’homme, et uniquement sur l’homme — la santé, la justice, l’enseignement — c’est en grande difficulté au Maroc et il faut le redresser. Le pays va y arriver, le royaume va y arriver, bien sûr, mais on n’est pour l’instant vraiment pas bons."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK