Mustapha Awad détenu en israël: la Belgique en fait-elle assez?

Le comité de soutien à Mustapha Awad maintient la pression sur le ministère des Affaires étrangères.
Le comité de soutien à Mustapha Awad maintient la pression sur le ministère des Affaires étrangères. - © NILS QUINTELIER - BELGA

Le procès du Belge Mustapha Awad, arrêté le 19 juillet par les autorités israéliennes, ne s’est pas ouvert comme prévu ce 10 octobre. L’audience a été reportée au 1er novembre. C’est ce qu’annonce son comité de soutien. Il organisait ce mercredi un nouveau rassemblement devant le ministère des Affaires étrangères à Bruxelles pour réclamer une intervention énergique de la Belgique pour obtenir la libération de ce danseur de 36 ans.

Mustapha Awad a été arrêté au poste-frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie, terre d’origine de ses parents, où il voulait se rendre pour la première fois. Selon la presse israélienne, le Shin Bet, le service de sécurité intérieure, le soupçonne d’être membre depuis 2010 du Front populaire de Libération de la Palestine. Le FPLP est un groupuscule marxiste considéré comme terroriste en Israël. Mustapha Awad nie fermement toute appartenance à une organisation terroriste.

"Ce procès ne devrait pas avoir lieu"

Son comité de soutien affirme qu’il a subi des mauvais traitements, voire de la torture après son arrestation. Il a subi plusieurs interrogatoires en présence d’un avocat israélien qui n’aurait cependant pas eu un accès complet à son dossier. Pour Myriam De Ly, du Comité Free Mustapha, les autorités belges doivent intervenir fermement sur ce dossier : "Ce procès ne devrait pas avoir lieu. Ce n’est pas normal qu’Israël kidnappe un Belge à la frontière, le détienne en Israël, le torture et le juge sur base d’aveux obtenus sous la torture. La Belgique ne peut pas accepter que ce procès ait lieu".

Mardi, 64 personnalités belges ont interpellé dans une carte blanche le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders pour qu’il intervienne publiquement auprès du gouvernement israélien en faveur de la libération de Mustapha Awad. Le texte s’étonne de la réserve affichée par le ministre dans ce cas-ci, alors qu’il aurait manifesté plus de détermination en faveur de la Belgo-Nicaraguayenne Amaya Coppens.

L'aide consulaire habituelle a été mobilisée

Didier Reynders réfute fermement cette accusation. Contrairement à Amaya Coppens, Mustapha Awad a reçu dès le mois d’août deux visites consulaires en prison et une demande pour une troisième rencontre va être faite. Le consul belge à Jérusalem compte également suivre de près son procès. "Nous avons déployé tous les moyens habituels d’aide consulaire, assure le ministre, en faisant également passer des messages par notre ambassade à Tel Aviv et vers l’ambassade israélienne à Bruxelles." Les Affaires étrangères ont entre autres fait part des préoccupations belges à propos des accusations de mauvais traitement relayées par les proches de Mustapha Awad. "Nous n’avons pas connaissance du contenu exact du dossier, précise Didier Reynders. Les autorités israéliennes évoquent certaines incriminations que je ne peux ni confirmer ni infirmer."

Né dans un camp de réfugiés au Liban, Mustapha Awad a été reconnu réfugié en Belgique à l'âge de 20 ans. Il a ensuite obtenu la nationalité belge. Avant son arrestation, il travaillait dans le secteur culturel : il a co-fondé un groupe de danse traditionnelle palestinienne, avec lequel il se produit sur scène.

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