Mouammar Kadhafi parle à son peuple depuis Tripoli

Posters de Mouammar Kadhafi sur la porte de la représentation de l'ONU à Tripoli
Posters de Mouammar Kadhafi sur la porte de la représentation de l'ONU à Tripoli - © Mohamed Messara (EPA)

La coalition internationale a continué sa campagne de bombardements cette nuit. Deux explosions au moins ont secoué Tripoli ce mercredi matin. De son côté le colonel Kadhafi reste persuadé de sa victoire. Il s'est adressé à la foule au cours d'une brève allocution depuis sa résidence de Tripoli.

Il se faisait plutôt rare ces derniers temps, une bonne semaine que Mouammar Kadhafi n'était plus apparu. Certaines sources le disaient déjà à l'étranger. Mais voilà, le colonel Kadhafi s'est remontré à la télévision. Difficile de dire si le discours prononcé depuis sa résidence de Tripoli était en direct ou enregistré. Il a parlé depuis son palais, un véritable entrelacs de bâtiments, abris, tentes. "Je reste ici, sous ma tente. Ma maison est ici."

Et le colonel Khadafi d'exhorter au combat. Pas question de se rendre. Et la victoire est au bout, un bref discours pour encourager les Libyens qui sont venus à sa résidence former un véritable bouclier humain.

Les combats continuent avec violence

Des combats ont notamment lieu à Yefren,  une ville située à 130 kilomètres au sud ouest de Tripoli. Les forces de Mouammar Kadhafi y ont lancé une offensive. Il y aurait au moins 9 morts. Zenten une autre ville de l'ouest, située à 40 kilomètres de la Tunisie est aussi le théâtre de violents affrontements avec des bombardements des forces loyales au régime. De nombreux morts sont dénombrés. 

A Misrata, la troisième ville du pays, les morts se comptent aussi par dizaines. A l'est du pays, les combats continuent et les hôpitaux de Benghazi sont débordés par les blessés revenus du front. 

Enfin trois journalistes étrangers arrêtés samedi par les forces loyalistes dans l'est libyen ont été libérés à Tripoli.

Des doutes subsistent chez certains membres de la coalition

Les divisions sont encore très importantes, notamment pour savoir qui va vraiment prendre le commandement de l'opération. Italie et Grande-Bretagne souhaiteraient que l'Otan s'en charge, les Français nettement moins. Ils invoquent l'hostilité des pays arabes.

Mardi, un accord serait apparemment intervenu. Le président américain Barack OBama a assuré que son pays, la France et la Grande-Bretagne étaient d'accord pour que l'Otan joue un rôle clef dans le commandement militaire. Mais, bizarrement, si la France confirme un accord, elle n'évoque pas un rôle clef. En tout cas, Barack Obama a réaffirmé que le but n'était pas de faire partir Mouammar Khadafi. 

Le président américain a prévenu, mardi, que le dirigeant libyen "pourrait essayer de se terrer et d'attendre, même face à une zone d'exclusion aérienne", soulignant que Washington avait d'autres cartes que l'option militaire. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré de son côté que des proches du colonel Kadhafi avaient pris des contacts dans le monde entier pour trouver une porte de sortie au conflit, ajoutant qu'elle "encourageait" cette attitude. Hillary Clinton a également déclaré avoir eu connaissance d'informations selon lesquelles un des fils du colonel Kadhafi aurait été tué par une frappe aérienne, mais "les preuves ne sont pas suffisantes", a-t-elle ajouté.

Deux tiers des Français approuvent l'intervention

Deux Français sur trois (66%) se disent favorables à l'intervention de la coalition internationale en Libye, contre 34% qui la désapprouvent, selon un sondage Ifop paru mercredi dans le quotidien France-Soir. Une précédente enquête réalisée les 3 et 4 mars, soit plus de deux semaines avant l'intervention, affichait des résultats inverses avec une majorité hostile à 63%, 36% étant favorables et 1% sans opinion.

En Grande-Bretagne, selon un sondage diffusé lundi, une majorité (53%) juge que les soldats de sa Majesté ne devraient pas risquer leur vie pour venir en aide aux forces d'opposition en Libye, tandis que 43% désapprouvent les frappes contre le régime de Mouammar Kadhafi.

En Allemagne, une majorité soutient l'intervention militaire internationale contre la Libye, tout en se félicitant du fait que les forces armées allemandes n'y participent pas, selon un sondage paru dimanche. 

Michel Lagase et AFP

Newsletter RTBF Info - Afrique

Chaque semaine, recevez l’essentiel de l'actualité sur le thème de l'Afrique. Toutes les infos du continent africain bientôt dans votre boîte de réception.

OK