Mort de George Floyd : le chef de la police de Houston demande à Trump de se taire afin de "ne pas mettre la vie des gens en danger"

Donald Trump a demandé ce lundi aux gouverneurs américains de "dominer" les manifestants qui se rassemblent depuis plusieurs jours pour demander que la justice soit faite suite au meurtre de George Floyd. Sur un ton déterminé et agressif, le président américain a affirmé que certains gouverneurs étaient "faibles" et "passaient pour des idiots". Il leur a demandé de "riposter" avec des mesures radicales.

Mais sur le terrain, plusieurs responsables de la police dénoncent ce discours sécuritaire de Trump : le chef de la police de Houston, a demandé au président américain de "garder sa bouche fermée" alors que samedi un shérif du Michigan a lui-même rejoint les manifestants.


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Alors que cela fait sept jours que les rassemblements pacifiques se multiplient pour demander que la justice soit rendue pour George Floyd, cet Afro-Américain mort "par homicide" qui a été asphyxié à cause d’une "pression sur son cou", selon une autopsie indépendante, exercée par un agent de police lors d’un contrôle, le président américain Donald Trump a durci le ton et lancé un appel aux gouverneurs de toute l’Amérique pour "dominer" et "arrêter et juger les gens".

Interrogé par la chaîne d’information CNN pour commenter cette demande de durcissement du président américain, le chef de la police de Houston n’a pas mâché des mots vis-à-vis du président américain. 

M. Acevedo, a interpellé le président américain et, s’exprimant au nom de ses collègues de l’ensemble du pays lui a demandé s’il estimait vraiment que l’environnement était propice pour que "la police d’aujourd’hui sorte et domine".

Si vous n’avez rien de constructif à dire, gardez votre bouche fermée

Art Acevedo a déclaré à CNN : "Laissez-moi juste dire ceci au président des Etats-Unis au nom des chefs de police de ce pays, s’il vous plaît, si vous n’avez rien de constructif à dire, gardez votre bouche fermée parce que vous mettez en danger des hommes et des femmes d’une vingtaine d’années".

Pour lui, "il ne s’agit pas de dominer. Il s’agit de gagner les cœurs et les esprits. Et soyons clairs. Nous ne voulons pas que les gens confondent la gentillesse avec la faiblesse."

C’est la vraie vie, et les vraies vies sont en danger

À l’opposé du discours sécuritaire de Trump, ce responsable local de la police a évoqué un besoin de leadership, critiquant ouvertement le message de Donald Trump et appelant plutôt les communautés à "se serrer les coudes".


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"Il est temps d’avoir une stature présidentielle et de ne pas essayer d’être comme dans The Apprentice. On n’est pas à Hollywood. C’est la vraie vie, et les vraies vies sont en danger", a averti le chef de la police dans le Texas en faisant référence au passé du président milliardaire dans la télé réalité.

Appel à faire entendre leurs voix à travers les urnes

Mais Art Acevedo a également fait appel aux responsabilités des manifestants en les appelant à retourner aux bases de la démocratie, estimant qu’il était temps de déplacer ces actions de protestation là où elle devrait être : "dans l’isoloir". Pour lui, ces manifestations sont aussi liées au fait que trop de gens qui "endommagent les biens n’ont jamais pris la peine de voter".

"Vous avez le choix, élevez la voix, faites-vous entendre dans l’isoloir et continuez à marcher pacifiquement. Ainsi l’attention reste sur la mauvaise police, la police criminelle".

Selon lui, l’inégalité aux États-Unis "n’est pas seulement une question de police, c’est une question de société". Cela fait référence à l’éducation, à la santé, à l’accès à la nourriture" et "tout ce qui nous est cher en tant qu’êtres humains". "Alors s’il vous plaît, s’il vous plaît, ne réagissez pas à [Trump]".

Des policiers pas vraiment en phase avec la ligne présidentielle

Et ce samedi, c’est un autre policier qui est sorti des rangs. Un shérif du Michigan, Chris Swanson, a été accueilli avec des acclamations alors qu’il prononçait un discours enthousiaste dans lequel il exprimait l’amour de son équipe pour les protestataires, avant de rejoindre les manifestants lors d’une marche organisée pour dénoncer les crimes commis par la police contre les Afro-Américains suit au décès de George Floyd.

"La seule raison pour laquelle nous sommes ici est de nous assurer que vous avez une voix, c’est tout", a déclaré Chris Swanson. "Je veux que ce soit un défilé, pas une manifestation". Swanson a ensuite rejoint les manifestants après qu’ils lui aient demandé en scandant "marchez avec nous !".

Alors que le président américain durcit le ton et menace de faire appel à l’armée pour ramener le calme dans les villes en proie à des émeutes et des pillages, les réponses de ces acteurs de terrain marquent de grosses dissensions au niveau de l’approche entre ces représentants des forces de l’ordre et celui qui se présente comme le "président de la loi et de l’ordre".

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